Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 27 janvier 2018

"Être parole et présence. Parole parce que présence. Présence parce que Parole."


La fête de la Bande Dessinée bat son plein dans toute la ville, et même votre curé s’y est échappé, à cette heure-ci pour concélébrer la messe du Festival avec les jeunes qu’il accompagne, mais pendant quelques jours, il doit confesser qu’il en profite un peu.
Quel rapport avec la Parole de Dieu que nous venons de recevoir ?
La bande dessinée, par les textes, les images, les dessins, les couleurs, le rythme des cases et des pages est le vecteur d’une parole. D’une parole, ou plutôt de multiples paroles lancées parmi des milliers d’autres et qu’un festival essaie de laisser s’exprimer, toutes, il faut bien l’avouer, dans une certaine cacophonie.
La Parole dont il est question dans le Bible est toute autre. Elle est unique. Elle est d’ailleurs. Elle ne se laisse pas enfermer ni étouffer par le brouhaha. Elle est prophétique et elle a autorité. Peut-être même est-elle prophétique parce qu’elle a autorité.
C’est la promesse de Dieu dès le livre du Deutéronome. « Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai. » Car le peuple a besoin d’une parole qui sorte du lot, d’une parole qui construise en profondeur en touchant le cœur de l’homme, d’une parole qui viennent d’ailleurs, d’une parole qui le conduise et le guide, chante le psalmiste. D’une parole qui libère de toutes les inquiétudes et de tous les soucis, qui donne de l’air, qui fasse respirer, qui ouvre les horizons et permette de lever les yeux et la tête.
L’Évangile, dans sa splendide sobriété, nous offre cette Parole. Elle s’appelle Jésus. Il enseigne « avec autorité », nous dit-on. Au contraire des scribes, semble-t-il. Les scribes « disent et ne font pas », dira Jésus ailleurs. A contrario, Lui dit et fait. Et même plus : il dit et il est, et sa parole fait ce qu’il dit. Cohérence apaisante pour tous ceux qui l’écoutent et qui le croisent. Son autorité vient de là, de l’unité intime entre sa parole et son être, entre sa parole et sa personne. Comme il est difficile de mettre sa confiance en quelqu’un dont la parole semble fausse ou arrangée ! Ce n’est pas le cas de Jésus. Sa parole peut être dure, elle reste douce parce qu’elle fait grandir, parce qu’elle fait advenir l’autre à lui-même. Véritable autorité, non celle qui écrase mais celle qui offre à prendre sa place, qui rend l’autre auteur de sa propre vie, qui ouvre à une existence responsable. Autorité qui libère des puissances écrasantes, puisque cette cohérence intime fait fuir le mal et les esprits tortueux de nos vies : « Tais-toi, sors de cet homme ! »
La Parole de Dieu, ce soir, est christologique. Elle nous conduit à l’intimité du mystère du Christ, elle nous fait découvrir, en le contemplant, qui est Jésus en vérité. Il est le Prophète, celui annoncé aux Hébreux du livre du Deutéronome, celui attendu par tous les Hommes en soif de paix et de liberté, celui qui nous « rend libre de tout souci », disait Saint Paul, celui qui vient nous révéler la vérité de la vocation de notre humanité.
Car cette autorité, s’il la dévoile et la révèle, ne lui est pas réservée. Ce prophétisme nous est transmis, cette parole prophétique nous est confiée. A nous, baptisés prêtres, rois et prophètes. A nous, Église devenue comme sacrement de la présence de Jésus Christ au milieu du monde. L’Église n’est pas une bulle, ni de savon, ni de BD, isolée de la cacophonie du monde. Le Seigneur l’invite et nous invite à devenir Parole en ce monde et pour ce monde. Parole de paix, parole de libération, parole d’autorité.
Suprême exigence.
Être parole et présence. Parole parce que présence. Présence parce que Parole. Prophète attendu – et parfois non. Prophète, tout entier du côté de Dieu, à l’écoute de Sa Parole, se laissant guidé par Sa voix, et tout entier du côté des Hommes, envoyé aux Hommes pour transmettre cette parole par la puissance de la présence. L’Église, parole prophétique qui a autorité, qui rend l’Homme acteur et auteur de sa vie. Quelle invitation l’évangile ne nous laisse-t-il pas là !
Parole prophétique en ce monde, dans ce festival ce week-end, dans tous les défis de nos sociétés (et les débats qui s’ouvrent ces jours-ci sur les lois de bioéthiques, en plus de ceux qui agitent notre monde depuis des mois et des années, appellent évidemment une parole prophétique de l’Église et de nous-mêmes).
Parole prophétique en nos quartiers et en nos vies, dans toutes les relations que nous tissons, pour les personnes que nous rencontrons.
A vous, Fraternité Anne-Marie Martel qui avez préparé cette liturgie et qui vous réunissez régulièrement pour relire les événements vécus à la lumière de l’Évangile, à vous qui voulez vivre la fraternité entre vous et avec toutes celles et ceux que vous croisez dans une douce proximité et dans l’humble attention de chaque jour, aidez-nous à devenir cette Parole et cette présence prophétique dont nos frères et sœurs ont besoin. Aidez-nous à ne pas vivre dans notre bulle, mais à nous ouvrir toujours davantage à ceux que nous croisons dans la rue, à l’école ou au marché, et à devenir Parole d’autorité toute entière pétrie de l’amour de Dieu pour les hommes.
Que cette Parole pénètre et façonne nos vies. Et que toute notre vie personnelle et d’Église, par la cohérence et l’unité reçues du Christ, soit réponse à cette Parole, louange d’action de grâce et parole de libération.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Quatrième dimanche du temps ordinaire

Livre du Deutéronome 18,15-20.
Moïse disait au peuple : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez.
C’est bien ce que vous avez demandé au Seigneur votre Dieu, au mont Horeb, le jour de l’assemblée, quand vous disiez : « Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir ! »
Et le Seigneur me dit alors : « Ils ont bien fait de dire cela.
Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai.
Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte.
Mais un prophète qui aurait la présomption de dire en mon nom une parole que je ne lui aurais pas prescrite, ou qui parlerait au nom d’autres dieux, ce prophète-là mourra. »

Psaume 95(94),1-2.6-7abc.7d-9.
Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit.
le troupeau guidé par sa main.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 7,32-35.
Frères, j’aimerais vous voir libres de tout souci. Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur.
Celui qui est marié a le souci des affaires de ce monde, il cherche comment plaire à sa femme, et il se trouve divisé.
La femme sans mari, ou celle qui reste vierge, a le souci des affaires du Seigneur, afin d’être sanctifiée dans son corps et son esprit. Celle qui est mariée a le souci des affaires de ce monde, elle cherche comment plaire à son mari.
C’est dans votre intérêt que je dis cela ; ce n’est pas pour vous tendre un piège, mais pour vous proposer ce qui est bien, afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,21-28.
Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »
Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. »
L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »
Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

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2, bld Jean Moulin
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+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis et vendredis de 16h30 à 18h30



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