Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
https://angouleme.catholique.fr/Homelie-du-30-mai-2019-pour-l-Ascension

Homélie du 30 mai 2019 pour l’Ascension

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • réagir
  • 0 vote

L’Ascension n’est pas l’abandon de Jésus, mais encore un don en abondance de sa présence. Car sa mission continue, et il nous permet maintenant de vivre la notre, à notre façon, dans son sillage.


Prendre de la hauteur… voilà ce qu’on peut rechercher parfois, ce qui nous manque souvent. Pour regarder avec un peu de distance ce que nous vivons et où va notre monde. Pour prendre le temps de l’analyse, de la compréhension, et avec elles, d’un amour un peu plus grand… Prendre de la hauteur sur tout ce que nous sommes amenés à traverser : dans nos vies personnelles, familiales, affectives, dans nos vies professionnelles, associatives, citoyennes, dans nos vies sociétales, ecclésiales, mondiales. Toujours le nez dans le guidon, toujours dans le rythme effréné du quotidien, toujours dans la recherche d’un peu de break, de pause, de vacances : nos contemporains frôlent le « burn out ». On n’a plus le temps de lire, de s’asseoir, de contempler, de discuter, de souffler…
Prendre de la hauteur.
C’est ce que fait Jésus, dans son mouvement d’Ascension. Le voilà monter aux cieux, prenant une distance physique avec ses disciples. La mort de l’avait pas attrapé, la vie avait été la plus forte, il était revenu parmi les siens, échangeant, rassurant, partageant le pain et le poisson… mais cela n’aura duré qu’un temps. Jésus s’éloigne, par le haut. Lui qui était descendu dans le très-bas des enfers montent à la droite du Père, dans un imaginaire que l’on situe aux cieux.
Mais Jésus ne prend pas de la hauteur pour se reposer après son temps de vie terrestre. Encore qu’on pourrait dire qu’il monte aux cieux pour souffler : souffler l’Esprit Saint qui fera toute chose nouvelle, qui sera la force des apôtres et des disciples. « Vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. »
Le risque est de faire comme ces disciples au jour de l’Ascension : rester le nez en l’air à chercher Jésus dans les nuages. « Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs qui leur dirent : ‘Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?’ » Mais l’Ascension de Jésus n’est ni un break bien mérité après sa mission, ni la prise de distance pour analyser la situation. Elle est le don de l’espace pour que nous prenions notre place. Elle est la prise de distance pour que nous puissions librement accueillir l’Esprit Saint et nous mettre au travail. Elle est l’acte par lequel Jésus ne se donne plus simplement à quelques-uns croisés il y a 2000 ans au bord d’un lac, mais à tous les hommes de tous les lieux de tous les temps. Elle n’est pas l’abandon de Jésus, mais encore un don en abondance de sa présence.
Car sa mission continue, et il nous permet maintenant de vivre la notre, à notre façon, dans son sillage.
Sa mission continue car il reste l’unique prêtre, seul médiateur de l’humanité avec le Père. Dans sa venue sur la terre, puis sa descente aux enfers, puis son ascension dans les cieux, il prend avec lui toute l’humanité jusque dans son péché et dans sa mort, pour l’emmener auprès du Père. Son mouvement de descente et d’ascension est acte sacerdotal, qu’il réalise par tout son être humain et divin. En montant auprès du Père, il nous emporte avec lui pour nous ressusciter avec lui et nous faire vivre en Dieu. Il fallait qu’il aille jusque là pour accomplir la volonté du Père et ne pas nous laisser orphelins et seuls sur terre. Son humanité entre dans la pleine lumière divine. Par lui, toute humanité habite déjà dans la pleine lumière de Dieu.
La mission des disciples – et donc aussi la notre – peut alors commencer. « A vous d’en être les témoins » « à Jérusalem et jusqu’aux extrémités de la terre. » Autrement dit, l’absence physique de Jésus nous engage à devenir signes de sa présence et de son action. A devenir, à sa suite, prêtres, prophètes et serviteurs. Notre regard ne regarde pas le ciel, mais l’horizon. Et l’horizon, c’est celui de notre vie, des défis de notre temps, des urgences de notre siècle, des réalités de nos contemporains. Notre horizon, c’est notre frère, notre sœur, notre voisin, proche ou lointain. C’est celui qui a besoin d’une parole, d’une oreille, d’une attention, d’un peu de temps, celui qui nous demande et qui nous donne – car tout est toujours question d’échange. A l’école du lavement des pieds que Jésus nous a appris juste avant de mourir. Tu pensais regarder le ciel, tu te retrouves à regarder les pieds fatigués, blessés ou élancés.
Ce qui est nouveau, ce n’est pas que le Seigneur nous demande d’être ses témoins. Ce qui est nouveau, c’est que lui nous ait ouvert les portes du Royaume des cieux et que notre humanité habite avec lui déjà en Dieu. Ce qui est nouveau, c’est cette présence renouvelée de son Corps dans l’eucharistie et de son Esprit dans le souffle de Vie. Ce qui est nouveau, c’est que ce mouvement d’apparente disparition est en fait pour nous le moment favorable pour accueillir la Vie, Sa Vie, comme il a accueilli la notre une nuit de Noël.
L’évangile nous dit qu’après cet épisode, les apôtres étaient « en grande joie ». Que cette grande joie vienne habiter nos cœurs et toutes nos actions, pour que nous ne cherchions pas tant à prendre de la hauteur et de la distance, qu’à vivre dans l’aujourd’hui de notre présent la mission que Jésus nous a confiée, là où l’Esprit nous a déjà envoyés.
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Lectures de la messe
Première lecture

« Tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva » (Ac 1, 1-11)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Cher Théophile,
dans mon premier livre
j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné
depuis le moment où il commença,
jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel,
après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions
aux Apôtres qu’il avait choisis.
C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ;
il leur en a donné bien des preuves,
puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu
et leur a parlé du royaume de Dieu.

Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux,
il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem,
mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père.
Il déclara :
« Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche :
alors que Jean a baptisé avec l’eau,
vous, c’est dans l’Esprit Saint
que vous serez baptisés d’ici peu de jours. »
Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient :
« Seigneur, est-ce maintenant le temps
où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? »
Jésus leur répondit :
« Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments
que le Père a fixés de sa propre autorité.
Mais vous allez recevoir une force
quand le Saint-Esprit viendra sur vous ;
vous serez alors mes témoins
à Jérusalem,
dans toute la Judée et la Samarie,
et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient,
il s’éleva,
et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.
Et comme ils fixaient encore le ciel
où Jésus s’en allait,
voici que, devant eux,
se tenaient deux hommes en vêtements blancs,
qui leur dirent :
« Galiléens,
pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?
Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous,
viendra de la même manière
que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Psaume
(Ps 46 (47), 2-3, 6-7, 8-9)

R/ Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.

Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu, sonnez,
sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l’annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.

Deuxième lecture
« Le Christ est entré dans le ciel lui-même » (He 9, 24-28 ; 10, 19-23)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Le Christ n’est pas entré
dans un sanctuaire fait de main d’homme,
figure du sanctuaire véritable ;
il est entré dans le ciel même,
afin de se tenir maintenant pour nous
devant la face de Dieu.
Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois,
comme le grand prêtre qui, tous les ans,
entrait dans le sanctuaire
en offrant un sang qui n’était pas le sien ;
car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion
depuis la fondation du monde.
Mais en fait, c’est une fois pour toutes,
à la fin des temps,
qu’il s’est manifesté
pour détruire le péché par son sacrifice.
Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois
et puis d’être jugés,
ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois
pour enlever les péchés de la multitude ;
il apparaîtra une seconde fois,
non plus à cause du péché,
mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

Frères, c’est avec assurance
que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire
grâce au sang de Jésus :
nous avons là un chemin nouveau et vivant
qu’il a inauguré en franchissant le rideau du Sanctuaire ;
or, ce rideau est sa chair.
Et nous avons le prêtre par excellence,
celui qui est établi sur la maison de Dieu.
Avançons-nous donc vers Dieu
avec un cœur sincère
et dans la plénitude de la foi,
le cœur purifié de ce qui souille notre conscience,
le corps lavé par une eau pure.
Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance,
car il est fidèle, celui qui a promis.

Évangile
« Tandis qu’il les bénissait, il était emporté au ciel » (Lc 24, 46-53)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples,
leur dit :
« Il est écrit que le Christ souffrirait,
qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom,
pour le pardon des péchés,
à toutes les nations,
en commençant par Jérusalem.
à vous d’en être les témoins.
Et moi, je vais envoyer sur vous
ce que mon Père a promis.
Quant à vous, demeurez dans la ville
jusqu’à ce que vous soyez revêtus
d’une puissance venue d’en haut. »
Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ;
et, levant les mains, il les bénit.
Or, tandis qu’il les bénissait,
il se sépara d’eux
et il était emporté au ciel.
Ils se prosternèrent devant lui,
puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.
Et ils étaient sans cesse dans le Temple
à bénir Dieu.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis et vendredis de 16h30 à 18h30



-