Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 4 février 2018

"Ce qui change, ce qui transforme tout, ce qui révolutionne le cœur de l’homme et ses paroles, c’est la rencontre avec Dieu en vérité, dans la vérité de qui est Dieu."


« Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée… depuis des mois je n’ai en partage que le néant, je ne compte que des nuits de souffrances… je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube... » Rassurez-vous, rien à voir avec mon état d’esprit du moment ! Mais c’est l’hiver, il a beaucoup plut ces derniers temps, les situations sont difficiles pour beaucoup de monde… les paroles de Job, dans sa fatigue, sa lassitude et même sa déprime, rejoignent bon nombre de nos contemporains – et peut-être aussi nous-mêmes !
Quel contraste avec le zèle de l’apôtre Paul, qui semble au contraire infatigable, donné entièrement à la mission, ne comptant pas son temps ! « Frère, annoncer l’Evangile est une nécessité qui s’impose à moi. Annoncer l’Evangile sans rechercher aucun avantage matériel, sans faire valoir mes droits de prédicateurs de l’Evangile... » Job et Paul, les deux opposés.
Mais il faut comparer ce qui est comparable. Job est en plein chemin spirituel. Il fait l’expérience de la découverte d’un autre Dieu que celui auquel il faisait jusqu’à maintenant référence. Il fait la découverte progressive, dans son malheur, d’un Dieu qui n’offre pas sa présence selon les mérites et les honneurs, mais gratuitement, jusque dans le malheur et la plus grande des misère. Il fait la découverte et l’expérience d’un Dieu qui reste fidèle parce qu’il n’est que fidélité, et non pas dispensateur de grâces matérielles distribuées comme des bons points.
Cette expérience, Paul l’a déjà faite, soudainement, au moment de sa rencontre avec Jésus ressuscité sur le chemin de Damas. Il a été saisi, bien au-delà de ses mérites, contre toute logique, étonnamment, renversant tout de sa vie. Si l’expérience de Job se situe avant la révélation de la vérité de Dieu pour lui, celle de Paul se situe au-delà, riche de cette rencontre. Rien n’est plus comme avant.
Ce qui change, ce qui transforme tout, ce qui révolutionne le cœur de l’homme et ses paroles, c’est la rencontre avec Dieu en vérité, dans la vérité de qui est Dieu. Ce Dieu qui se laisse découvrir en la personne de Jésus.
La page d’Evangile est en cela une perle pour notre vie spirituelle. Elle nous laisse découvrir Jésus dans l’ordinaire de ses jours, enseignant, guérissant, priant. Elle nous le laisse découvrir dans tous les cercles de relations qu’il noue, des plus proches aux plus lointains et jusque dans l’intimité avec son Père. Elle nous le laisse découvrir dans la radicalité non pas uniquement de son message – une parole qui a autorité - ou de son action – des guérisons par dizaines -, mais de son mystère.
Au caté, on a étudié de près cette âge d’Evangile. Elle a été l’objet d’une grande enquête policière à la recherche des faits et gestes de Jésus.
Petit retour et complément d’enquête : La maison de Simon est une figure de l’Église, la maison dont Pierre aura les clefs. Jésus et les disciples entrent dans cette maison. Et la belle-mère de Simon est malade et fiévreuse, figure d’une humanité fatiguée, désorientée, couchée, telle le vieux Job de l’Ancienne Alliance. Jésus s’approche, saisit la main et la fait se lever. Sobriété du langage. Pas de formule magique, pas d’action éclatante. Pas de démonstration de force. Non. Rien que sa présence. Son amour. Sa gratuité. Voilà l’action de Jésus dont l’Église est le premier témoin : il relève l’Homme malade. Il sauve l’humanité de sa détresse, de sa fatigue, de sa fièvre. Ce que Jésus fait avec la belle-mère de Simon, il le fait avec chacun d’entre nous et avec tous les hommes qui acceptent sa main tendue. Ce que Jésus fait avec chacun d’entre nous, c’est ce qu’il a lui-même vécu dans sa Pâques, anticipée déjà dans ce récit du début de l’évangile. « Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube » s’entend de son emploi du temps chargé, mais aussi du mystère pascal préfiguré, de la résurrection, de la sortie du tombeau au matin du nouveau jour, pour proclamer l’Evangile dans toutes les nations.
Alors nous comprenons que nous ne sommes pas uniquement des spectateurs de ces scènes évangéliques. Nous en sommes les protagonistes. C’est de nous, dont il est question ici, de nous dans notre quotidien parfois gris (comme Job), de nous dans notre relation de confiance en Jésus qui vient à nous, de nous dans l’expérience que Christ nous donne de vivre d’être déjà sauvés par lui, d’être ressuscités avec lui et par lui pour vivre de la vie de Dieu et annoncer à tous la Bonne Nouvelle de vie (comme Paul).
De nous qui avons fait et qui faisons cette expérience de l’événement de la rencontre du Mystère du Christ, de Jésus dans nos vies, qui vient transformer nos vies… ce que nous avons partagé et écrit dans nos bulles de BD :
[...]


Il est question de nous aussi, communauté d’Eglise, comme lieu où est révélée la puissance d’amour du Christ. De nous encore lorsqu’il s’agit d’être visage de Celui qui est sorti d’auprès du Père pour aimer tous les hommes inconditionnellement, et pour nous mettre à notre tour, comme le maître, en état de sortie jusque dans les jours et les nuits de nos contemporains, pour annoncer et proclamer l’Evangile.
Que la Parole de ce jour, notre prière commune et le partage du pain eucharistique nous offrent de plonger toujours davantage dans l’événement de la rencontre du Mystère du Christ, événement pascal qui transforme tout et nous donne de vivre dans la joie et la présence de Dieu.
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus


Cinquième dimanche du temps ordinaire

Livre de Job 7,1-4.6-7.
Job prit la parole et dit : Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée, il fait des journées de manœuvre.
Comme l’esclave qui désire un peu d’ombre, comme le manœuvre qui attend sa paye,
depuis des mois je n’ai en partage que le néant, je ne compte que des nuits de souffrance.
À peine couché, je me dis : “Quand pourrai-je me lever ?” Le soir n’en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube.
Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s’achèvent faute de fil.
Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur.

Psaume 147(146),1.3.4-5.6-7.
Il est bon de fêter notre Dieu,
il est beau de chanter sa louange !
Il guérit les cœurs brisés
et soigne leurs blessures.

Il compte le nombre des étoiles,
il donne à chacune un nom.
Il est grand, il est fort, notre Maître :
nul n’a mesuré son intelligence.

Le Seigneur élève les humbles
et rabaisse jusqu’à terre les impies.
Entonnez pour le Seigneur l’action de grâce,
jouez pour notre Dieu sur la cithare !

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 9,16-19.22-23.
Frères, annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile !
Certes, si je le fais de moi-même, je mérite une récompense. Mais je ne le fais pas de moi-même, c’est une mission qui m’est confiée.
Alors quel est mon mérite ? C’est d’annoncer l’Évangile sans rechercher aucun avantage matériel, et sans faire valoir mes droits de prédicateur de l’Évangile.
Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible.
Avec les faibles, j’ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns.
Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile, pour y avoir part, moi aussi.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,29-39.
En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.
Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »
Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

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