Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 6 janvier 2019

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« Ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. »


« Ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. » Notre méditation des dernières phrases de l’évangile, entreprise pour le temps de l’Avent et de Noël, continue et se termine avec ces mots. Comme une fin et une ouverture qui nous invitent, avant de prendre une autre route, à relire le chemin parcouru !
Rappelez-vous. Tout avait commencé en entendant cette invitation à « prier et veiller sans cesse pour tenir debout devant le Fils de l’homme », et à ce que « tout être vivant voit le salut de Dieu » en cette personne, Jésus, que nous attendions. Jean-Baptiste nous avait alors exhorté à « annoncer à tous la Bonne Nouvelle », tandis qu’Elisabeth exultait et rendait grâce pour l’accomplissement des Paroles du Seigneur en ceux qui les accueillent et mettent leur foi en elles.
Et la nuit de Noël est arrivée. Joie de la naissance, joie de la puissance de vie qui se manifestait sous nos yeux et en nous. Ce chemin n’était pas seulement un chemin de préparation à la naissance d’un enfant, mais préparation à notre propre naissance à la vie divine, à l’Amour divin. « En Lui est la Vie », clamait l’évangile de Noël, et « à tous ceux qui l’ont reçu, disait encore l’évangile, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. » Communion parfaite de l’homme et de Dieu, de Dieu et de l’homme. En Lui. Et aussi en nous, communion déjà donnée et en devenir, à recevoir toujours.
Voilà le chemin parcouru. Peut-être aussi le chemin que ces mages, venus de bien loin et d’horizons différents, ont aussi parcouru. A dos de chameau, et dans leur méditation intérieure, dans les échanges qu’ils ont pu avoir entre eux au long de la route, par cette intuition qui les a guidée jusque là. Il est beau, ce chemin de croissance, de maturation, de révélation de Dieu et de nous-mêmes, de découverte de ce que nous sommes profondément, et de ce que nous sommes appelés à être ! Nous aurions tort de ne pas le savourer, le méditer encore… de ne pas nous arrêter là, devant la crèche, sous l’étoile des bergers. De faire notre ce précieux trésor, cette nourriture du cœur et de l’esprit, ce don offert au-delà de ce que nous pouvions en imaginer !
Et pourtant… l’Evangile nous enjoint à repartir, et par un autre chemin. Ne pas faire demi-tour, mais prendre une autre route. Pour repartir où ? Dans notre pays. De là où nous étions partis. En notre quotidien. Non pas comme avant, mais riche de ce que nous avons vécu et découvert ensemble. Alors quel autre chemin prendre, maintenant ?
Voilà peut-être que se dessine une invitation en forme de vœux pour cette nouvelle année. Ou bien l’inverse, des vœux en forme d’invitation. Car notre expérience de Noël n’est pas pour nous seuls, tous les textes de la liturgie d’aujourd’hui le clament ! Toutes les nations sont convoquées par cette lumière, et de loin on vient entendre l’annonce des exploits du Seigneur, prophétisait Isaïe. « Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse », annonce Saint Paul. Et si cet autre chemin, ce chemin de retour à nous-mêmes, passait par cette ouverture à toutes les nations, à tous les peuples, à toutes les situations, à tous les défis de notre temps, à toutes les luttes des hommes et des femmes d’aujourd’hui, ici et ailleurs ? Et si, cette année, riche de l’annonce et de l’expérience de Noël, nous osions des routes nouvelles pour rejoindre nos contemporains et partager ensemble notre joie et les leurs, nos tristesses et les leurs, nos projets et les leurs, nos inquiétudes et les leurs ?
Cette année encore, notre Eglise universelle ne va pas manquer d’une actualité difficile, lourde, malsaine. De même, les mouvements sociaux que nous connaissons depuis quelques semaines ne seront pas forcément apaisés par quelques mesures, et les fondements des questions ne trouveront pas de réponses simples. Le paysage politique de notre planète se ferme toujours davantage sur lui-même, les pays cédant aux peurs et à la recherche de l’entre-soi plutôt qu’à celui du vivre ensemble, et les élections européennes de cette année se vivront autour de débats clefs pour l’avenir de notre continent et du monde. Le défi écologique et climatique ne cesse de grandir, et avec lui l’urgence d’y répondre. N’est-ce pas là cet « autre chemin » qui peut nous être proposé ? Cet autre chemin où vivre de l’Amour divin révélé en nous et en tout homme ?
Cet autre chemin se vit dans les engagements de nos vies quotidiennes, en nous informant, en nous engageant, en écoutant, en prenant la parole. En acceptant les conversions à vivre, les changements à opérer. En communauté chrétienne, nous pourrons aussi nous y entraîner. Déjà ce dimanche après-midi à Ma Campagne avec cet échange sur le cléricalisme, source, d’après notre pape, de tant et tant de maux de notre Eglise. Et dimanche prochain, à Saint Jean-Baptiste, en prenant ensemble le temps partager un regard chrétien sur la situation sociale dans notre pays, en écoutant les appels, les joies et les souffrances, pour mieux aimer notre monde et les hommes qui y vivent. Nous aurons l’occasion, encore, de nous retrouver en février pour évoquer l’avenir de nos communautés paroissiales, et discerner ensemble ce qui est le mieux pour répondre aux défis de l’évangile aujourd’hui. Je n’oublie pas non plus les engagements concrets que nous avons commencés à prendre et que nous voulons continuer, avec le label « Eglise verte », ou la rencontre simple entre croyants de religions différentes…
Et s’il était là, ce chemin de retour, juste là, sous nos yeux, devant nous, tout ouvert à nos pas de chaque jour ?
L’étoile a guidé les mages jusqu’à l’Enfant de la crèche, jusqu’à Jésus, jusqu’au Christ. Et les voilà repartis, et nous avec eux, sur les chemins du monde. Avec ce sentiment, cette impression, cette intuition étrange, et tellement réconfortante : l’Enfant n’est déjà plus dans la crèche, couché dans sa mangeoire. Il n’est pas resté là, derrière nous, à nous regarder partir et nous éloigner de lui. Mais il est là, devant, il nous précède déjà, au milieu de nos Galilées, pour nous rappeler la joyeuse nouvelle de la puissance de Vie divine qui habite notre cœur. Pour nous rappeler qu’ « En Lui est la Vie ! », et qu’il sera toujours avec nous, pour que le monde ait la Vie !
Alors avec Lui, en la Vie, Belle année à tous !
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Lectures de la messe

Lecture du livre du prophète Isaïe

Debout, Jérusalem, resplendis !
Elle est venue, ta lumière,
et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.
Voici que les ténèbres couvrent la terre,
et la nuée obscure couvre les peuples.
Mais sur toi se lève le Seigneur,
sur toi sa gloire apparaît.
Les nations marcheront vers ta lumière,
et les rois, vers la clarté de ton aurore.
Lève les yeux alentour, et regarde :
tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ;
tes fils reviennent de loin,
et tes filles sont portées sur la hanche.
Alors tu verras, tu seras radieuse,
ton cœur frémira et se dilatera.
Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi,
vers toi viendront les richesses des nations.
En grand nombre, des chameaux t’envahiront,
de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha.
Tous les gens de Saba viendront,
apportant l’or et l’encens ;
ils annonceront les exploits du Seigneur.

Psaume
(Ps 71 (72), 1-2, 7-8, 10-11, 12-13)

R/ Toutes les nations, Seigneur,
se prosterneront devant toi. (cf. Ps 71,11)

Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux !

En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !

Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents.
Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
Tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les pays le serviront.

Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
vous avez appris, je pense,
en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous :
par révélation, il m’a fait connaître le mystère.
Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance
des hommes des générations passées,
comme il a été révélé maintenant
à ses saints Apôtres et aux prophètes,
dans l’Esprit.
Ce mystère,
c’est que toutes les nations sont associées au même héritage,
au même corps,
au partage de la même promesse,
dans le Christ Jésus,
par l’annonce de l’Évangile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient
arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent :
« À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret
pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison,
ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds,
ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

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