Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 7 avril 2019

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"C’était mieux avant"... sauf que le Christ nous attend devant !


Samedi 6 et dimanche 7 avril 2019
5ème dimanche de carême – C
Saint Jean-Baptiste – Ma Campagne

« C’était mieux avant. » On connaît le cris. Il parvient à nos oreilles, peut-être parfois à nos lèvres. Cris de lassitude, de désespoir, de désespérance, cris de ceux qui sont fatigués de voir et d’entendre les malheurs et les désordres s’abattre sur notre monde, notre société, notre Eglise. « C’était mieux avant. » On entend les Hébreux dans le désert, regrettant les temps de l’esclavage en Egypte, à l’époque où ils avaient, malgré les mauvais traitements, au moins quelques oignons à mettre dans leur soupe et des maisons en dur. Là, dans le désert, uniquement de la manne, tous les jours, sans discontinuer. Et à défaut de maison, des tentes à monter et démonter soir et matin. Cris de ceux qui regrettent le passé, quand tout semblait plus simple, plus confortable, plus clair.
Mais le Christ fait voler cette impression en éclat. Il nous tourne vers l’avenir. Il nous fait rencontrer le Dieu de la promesse et nous fait regarder devant. « Tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur », s’écrit Paul. Comment cette connaissance peut-elle balayer d’un coup tous les avantages du passé ? C’est qu’elle nous ouvre l’horizon. L’horizon de la liberté. L’horizon de la joie. L’horizon de la Vie en plénitude. Si tu veux retrouver la vie, ne regarde pas en arrière, comme si tu allais retrouver la vie là où tu l’aurais laissée, derrière toi. Non, si tu veux retrouver la vie, regarde devant toi. C’est là qu’est le Christ. C’est là qu’il t’attend. Ne regarde pas les cendres de ce mercredi d’entrée en carême ! Regarde le feu qui point à l’horizon : c’est le feu de la nuit de Pâques, c’est la lumière du tombeau vide, de la réalisation de la promesse.
« Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? », proclamait le Seigneur par la bouche d’Isaïe. Cette chose nouvelle, le Seigneur la fait par sa puissance, par sa tendresse, et par nos mains. C’est la prise de conscience progressive, dans l’histoire, de l’immense communion de tous les êtres vivants, à honorer comme un trésor sacré. Et ce sont toutes les initiatives, grandes et petites, qui germent un peu partout pour concrétiser le respect de notre Maison Commune. Cette chose nouvelle, c’est la purification de notre Eglise, pour éliminer de l’intérieur ce qu’il y a de plus sale et de plus indigne, et lui redonner l’humilité et la simplicité qu’elle n’aurait jamais du perdre. Cette chose nouvelle, ce sont tous ces dialogues entre religieux et entre religions, tels que nous le vivons ce week-end dans nos paroisses avec la pièce de Théâtre « Dialogue avec Nathan le Sage », l’accueil de la troupe, les temps d’échanges, de rencontre et de repas commun. Qui regretterait les guerres de religions ? Qui préférerait les extrémistes de tous poils prêts à toutes les violences, plutôt que l’exercice concret de la rencontre et du dialogue en humanité dans l’enrichissement de nos différences ? Et l’on pourrait multiplier les exemples en tant et tant de domaines où nous devons repérer toutes les merveilles qui sont réalisées en vue du bien commun, de la paix, de la dignité de chacun…
Le Seigneur fait toute chose nouvelle. Ne regarde pas ta vie passée avec nostalgie. Regarde vers l’avant : là est le but, là est notre vocation, là est la communion universelle à laquelle notre fraternité du quotidien est déjà une participation. « Je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis la course », disait saint Paul, « oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but. »
C’est l’expérience de la femme de l’Evangile, prise en flagrant d’adultère, et de sa rencontre avec Jésus. Il ne juge pas, il ne regarde pas en arrière, il ne l’enferme pas dans son passé ni dans son péché. Il ouvre le cercle qui se refermait sur elle, il la libère de l’oppression des scribes et des pharisiens, il lui donne de l’air pour respirer et la pardonne en l’envoyant vers la suite de sa course à elle. Une course nouvelle, sans péché, sans condamnation, une course vers la vie, la vraie vie, la vie en vérité et en plénitude. Résurrection pour cette femme qui aurait du être mise à mort. Nouvelle vie qui s’ouvre à elle, comme le Christ l’ouvre pour chacun de nous pourvu que nous acceptions de le laisser pardonner notre passé et notre péché, et nous ouvrir à son avenir de vie et de communion.
Non, ce n’était pas mieux avant. Penser cela, c’est s’enfermer dans les habitudes mortifères. Penser cela est un péché contre l’Esprit qui vient renouveler nos existences en les ajustant à l’Amour de Dieu. Notre Dieu est le Dieu de la promesse, et qui réalise sa promesse. Les Hébreux entreront en Terre Promise, où coule en abondance le lait et le miel. Le Christ traversera les ravins de la mort et entraînera avec lui toute l’humanité vers la Vie.
Regardons devant nous. Il y aura la croix, bien sûr. Et au-delà, la résurrection. Il y aura la violence et la haine, et au-delà, l’amour. Il y aura l’abandon, et au-delà, la communion parfaite. Ce sera mieux après, et déjà maintenant car nous voilà ensemble, unis dans une même prière, portant la vie du monde sur l’autel du Seigneur, frères et sœurs rassemblés dans une unique fois et un unique Esprit. Tu as peut-être beaucoup à te reprocher, et peut-être que les autres te reprochent beaucoup. Ne regarde pas en arrière, entend le Christ qui t’appelle. Où que tu sois, où que tu en sois, « je ne te condamne pas, dit Jésus,Va ! Retrouve la Vie ! Et désormais, ne pèche plus. »
Amen
P. Benoît Lecomte

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Lectures de la messe

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur,
lui qui fit un chemin dans la mer,
un sentier dans les eaux puissantes,
lui qui mit en campagne des chars et des chevaux,
des troupes et de puissants guerriers ;
les voilà tous couchés pour ne plus se relever,
ils se sont éteints, consumés comme une mèche.
Le Seigneur dit :
« Ne faites plus mémoire des événements passés,
ne songez plus aux choses d’autrefois.
Voici que je fais une chose nouvelle :
elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ?
Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert,
des fleuves dans les lieux arides.
Les bêtes sauvages me rendront gloire
– les chacals et les autruches –
parce que j’aurai fait couler de l’eau dans le désert,
des fleuves dans les lieux arides,
pour désaltérer mon peuple,
celui que j’ai choisi.
Ce peuple que je me suis façonné
redira ma louange. »

Psaume
(Ps 125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6)

R/ Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête ! (Ps 125, 3)

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

Frères,
tous les avantages que j’avais autrefois,
je les considère comme une perte
à cause de ce bien qui dépasse tout :
la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur.
À cause de lui, j’ai tout perdu ;
je considère tout comme des ordures,
afin de gagner un seul avantage, le Christ,
et, en lui, d’être reconnu juste,
non pas de la justice venant de la loi de Moïse
mais de celle qui vient de la foi au Christ,
la justice venant de Dieu, qui est fondée sur la foi.
Il s’agit pour moi de connaître le Christ,
d’éprouver la puissance de sa résurrection
et de communier aux souffrances de sa Passion,
en devenant semblable à lui dans sa mort,
avec l’espoir de parvenir
à la résurrection d’entre les morts.
Certes, je n’ai pas encore obtenu cela,
je n’ai pas encore atteint la perfection,
mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir,
puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus.
Frères, quant à moi, je ne pense pas avoir déjà saisi cela.
Une seule chose compte :
oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant,
je cours vers le but en vue du prix
auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple.
Comme tout le peuple venait à lui,
il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme
qu’on avait surprise en situation d’adultère.
Ils la mettent au milieu,
et disent à Jésus :
« Maître, cette femme
a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné
de lapider ces femmes-là.
Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve,
afin de pouvoir l’accuser.
Mais Jésus s’était baissé
et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger,
il se redressa et leur dit :
« Celui d’entre vous qui est sans péché,
qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau
et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela,
s’en allaient un par un,
en commençant par les plus âgés.
Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda :
« Femme, où sont-ils donc ?
Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit :
« Personne, Seigneur. »
Et Jésus lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas.
Va, et désormais ne pèche plus. »

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