Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 9 décembre 2018

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"Et tout être vivant verra le salut de Dieu"


La semaine dernière nous méditions sur la dernière phrase que nous proposait l’évangile. Nous recevions l’invitation à « veiller et prier pour tenir debout devant le Fils de l’homme ». Et aujourd’hui, nous entendons comme une suite à cette invitation la parole de Jean le Baptiste à la conversion afin que « tout être vivant voit le salut de Dieu. » « Veiller et prier pour tenir debout devant le Fils de l’homme, et que tout être vivant voit le salut de Dieu. »
Ce salut de Dieu n’est pas un idée théologique, un thème mythologique, un développement philosophique. Qu’est-ce que le salut de Dieu ? Dans la bouche du baptiste au bord du Jourdain, nous comprenons qu’il s’agit de celui qu’il annonce, de celui qu’il précède et désigne, de celui qu’il attend avec les foules qui viennent à lui. Le salut de Dieu n’est pas une idée ou un concept, mais une personne : Jésus.
Le Christ Jésus ou, si vous préférez son autre nom : l’Evangile. Celui dont Paul parle aux Philippiens. Celui qui est tendresse et amour. Celui par qui Dieu le Père vient travailler le cœur de chaque homme, et le notre aussi. « Celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement », dit-il. Cette parole, nous devons aussi l’accueillir pour nous-mêmes, en nous-mêmes. Ce travail de Dieu en nous par Jésus Christ nous ouvre à la joie. « Quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu », disait-on à Jérusalem au temps du prophète Baruc. « Debout ! Vois tes enfants rassemblés du couchant au levant par la parole du Dieu saint ! » Et plus loin : « Dieu conduira son peuple dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec miséricorde et justice. » La joie du Christ, au milieu des grisailles des jours et parfois des cœurs. La joie qui rassemble, au milieu des solitudes de toutes sortes. La joie de la tendresse, au milieu des violences qui nous attaquent sous tant de formes.
Baruc et Jean-Baptiste annoncent que « tout ravin sera comblé, toute montagne et colline serons abaissées, que les passages tortueux deviendront droits. » Mais ce grand travail, si nous avons à le faire, est d’abord le grand travail de Dieu en nous. En nos humanités, en nos cœurs, en nos découragements, en nos doutes, en nos peurs. Ce travail que Dieu fait pour que nous puissions voir « le salut de Dieu », son Fils Jésus, son royaume de tendresse et de joie, et que nous le reconnaissions dans l’Enfant de la crèche. Notre temps de l’Avent n’est-il pas ce temps où nous préparons la fête de Noël, mais plus encore où nous avons à nous laisser faire pour que Dieu prépare en nous sa venue en Jésus ? Et si nous le laissions prendre l’initiative en nos vies ? Continuons à préparer nos crèches et nos maisons. Et laissons-lui l’espace pour qu’il prépare notre existence, personnelle et communautaire, à devenir crèche pour l’Enfant. Et que nous voyions son Salut.
Mais cette vie spirituelle et intime ne peut être vécue « hors sol ». Nos vies sont incarnées, situées dans l’aujourd’hui de notre temps et ses défis. Et ils sont nombreux, ces défis ! Combien voyons-nous autour de nous de montagnes élevées, de ravins creusés entre les peuples, entre les « classes sociales » qu’il nous arrange bien d’utiliser souvent pour les monter les unes contre les autres. Nous ne pouvons rester sourds aux cris des hommes et des femmes, ni indifférents à l’absence de dialogue et de parole, à l’absence qui laisse place à la violence des mots et des actes, creusant toujours plus les ravins et les distances. Comment ne pas, en écoutant Jean-Baptiste, entendre cette invitation à devenir, autant que nous le pouvons là où nous sommes, des artisans de paix, des acteurs de communion, des ouvriers du dialogue, des manifestants de la joie, des prophètes de la tendresse ? Comment ne pas inviter, partout où nous sommes, à se parler, à se comprendre, à s’écouter, à découvrir les contraintes et les forces de l’autre ? Comment ne pas prendre notre place active – et elle peut être vécue dans toutes nos relations et jusque dans la prière secrète et silencieuse – en ces temps d’actualité qui appellent à inventer de nouvelles et urgentes solidarités entre les personnes, avec les plus pauvres, avec la planète ? Comment ne pas prendre au sérieux notre rôle pour, avec la force de Dieu qui travaille nos cœurs et nos vies, combler les ravins, abaisser les montagnes, rendre droits les chemins tortueux ?
Ce week-end, l’Église universelle se tourne vers cette minuscule Eglise d’Algérie si proche de nous et pourtant si différente. « Petite goutte chrétienne dans un océan musulman », dit-on parfois, mais goutte de la rencontre et de l’amitié, goutte de l’espérance vécue jusqu’au bout par ces 19 martyrs des « années noires » béatifiés aujourd’hui à Oran. Et si cette Eglise d’Algérie, sans moyen, sans prétention aucune, démunie et pauvre mais riche de l’amitié tissée avec ceux qui l’entourent dans un souci d’écoute et de dialogue, était pour nous un nouveau paradigme pour notre Eglise d’ici et nos façons de faire et de vivre ? Ces 19 chrétiens désormais déclarés bienheureux nous éclairent sur une manière de travailler au renouveau de la joie et de la tendresse. Ils nous éclairent sur la façon de « voir le salut de Dieu », de voir et de rendre visible et présent Jésus Christ. Que ces frères et sœurs qui ont aimé jusqu’au bout, par amitié pour Jésus et pour un peuple à l’époque meurtri, puissent être pour nous des témoins de ce que nous pouvons faire et vivre aujourd’hui et qu’ils nous accompagnent sur nos chemins de vie, de conversion et de renouvellement.
Ainsi la joie, la lumière de gloire, la miséricorde et la justice seront manifestées. Ainsi, la grandeur de l’Homme sera pleinement révélée. Ainsi, nous verrons le salut de Dieu venir à nous et nous prendre dans sa paix, ce salut qu’est Jésus..
Car… En Lui est la Vie !
P. Benoît Lecomte

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Lectures de la messe

Lecture du livre du prophète Baruc

Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère,
et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours,
enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu,
mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel.
Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel,
car Dieu, pour toujours, te donnera ces noms :
« Paix-de-la-justice »
et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ».
Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur,
et regarde vers l’orient :
vois tes enfants rassemblés du couchant au levant
par la parole du Dieu Saint ;
ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.
Tu les avais vus partir à pied,
emmenés par les ennemis,
et Dieu te les ramène, portés en triomphe,
comme sur un trône royal.
Car Dieu a décidé
que les hautes montagnes et les collines éternelles
seraient abaissées,
et que les vallées seraient comblées :
ainsi la terre sera aplanie,
afin qu’Israël chemine en sécurité
dans la gloire de Dieu.
Sur l’ordre de Dieu,
les forêts et les arbres odoriférants
donneront à Israël leur ombrage ;
car Dieu conduira Israël dans la joie,
à la lumière de sa gloire,
avec sa miséricorde et sa justice.

Psaume
(Ps 125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6)

R/ Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête ! (Ps 125, 3)

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

Frères,
à tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous,
c’est avec joie que je le fais,
à cause de votre communion avec moi,
dès le premier jour jusqu’à maintenant,
pour l’annonce de l’Évangile.
J’en suis persuadé,
celui qui a commencé en vous un si beau travail
le continuera jusqu’à son achèvement
au jour où viendra le Christ Jésus.
Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous
dans la tendresse du Christ Jésus.
Et, dans ma prière,
je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus
dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance
pour discerner ce qui est important.
Ainsi, serez-vous purs et irréprochables
pour le jour du Christ,
comblés du fruit de la justice
qui s’obtient par Jésus Christ,
pour la gloire et la louange de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère,
Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée,
Hérode étant alors au pouvoir en Galilée,
son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide,
Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe,
la parole de Dieu fut adressée dans le désert
à Jean, le fils de Zacharie.

Il parcourut toute la région du Jourdain,
en proclamant un baptême de conversion
pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé,
toute montagne et toute colline seront abaissées ;
les passages tortueux deviendront droits,
les chemins rocailleux seront aplanis ;
et tout être vivant verra le salut de Dieu.

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