Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Homélie du IV° dimanche de Carême

Homélie du IV° dimanche de Carême

Par le père Frédéric VOLLAUD

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Le Dieu de ma joie


Les trois lectures de ce dimanche sont très liées. Il y est question du « regard », du regard « éclairé » qui sait voir ce qui est invisible pour les yeux, qui sait voir ce qui se révèle à notre « cœur ».
Samuel est prévenu : « Ne considère pas les apparences… Le Seigneur regarde le cœur ». David ne sera donc pas choisi sur son physique (même si on prend soin de souligner qu’il était beau !), ni sur une préséance sociale ou familiale (il était le plus jeune, donc le moins favorisé en terme d’autorité)… Samuel doit se laisser guider par le Seigneur pour faire le bon choix : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! ». Et c’est ainsi que David deviendra roi « selon le cœur de Dieu », parce que l’Esprit du Seigneur s’est emparé de lui, parce qu’il s’est livré à cette emprise, cette influence de l’Esprit de Dieu. Toute sa vie, tout son règne, avec ses ombres et ses lumières le manifesteront ! Et tout cela a pu se réaliser parce que Samuel a appris à voir avec le regard de Dieu.
Saint Paul, lui, nous rappelle ce que le baptême produit en nous : il nous fait passer des ténèbres (de l’ignorance, du péché, de la mort) à la lumière (de la foi, de la justice, de la bonté, de la vérité). Et ce passage est en même temps réalisé une fois pour toutes dès le baptême : nous sommes fils de la lumière…, et il est à vivre à chaque instant de notre vie. Notre existence est un passage permanent de tout ce qui menace en nous la lumineuse image de Dieu à sa resplendissante ressemblance qu’il ne cesse de modeler. Est-ce bien ainsi que nous nous « voyons » ? Seigneur, clarifie notre regard pour que nous comprenions ce que nous sommes pour toi !
La grande page d’évangile que nous entendons en ce dimanche de la joie, nous fait participer à une rencontre étonnante. Il y a Jésus, il y a l’aveugle de naissance mais aussi les disciples et les pharisiens, les parents de l’aveugle, les voisins et la foule…
Pourtant, l’essentiel se joue dans l’intimité de la rencontre, en cœur à cœur avec Jésus. Et tout commence par un « regard » : « Jésus vit sur son passage un aveugle de naissance ». Il y a, au point de départ, cette attention de Jésus qui, au milieu de la foule, sait « voir » cet homme comme une personne, unique. Et va se livrer alors le combat contre la nit et les ténèbres par celui qui est la « lumière du monde », celui qui vient travailler aux œuvres de Dieu, c’est à dire qui vient continuer l’œuvre du Créateur en venant sauver sa création à travers cet aveugle qui est là pour manifester en lui cette œuvre du salut de Dieu, de la bonté de Dieu. C’est cela le cœur du message et de l’action de Jésus ! L’enjeu n’est pas d’abord moral : « Qui a péché ? »… L’enjeu c’est de manifester ce que Dieu désire pour nous : nous sauver de tout ce qui nous aveugle, ce qui nous empêche d’avancer, dans la vie et dans la foi ! Et Dieu le révèle et le réalise pour nous à travers Jésus, son fils bien-aimé : « Crois-tu au fils de l’homme ? Je crois Seigneur ». La guérison la plus profonde n’est peut-être pas celle des yeux de l’aveugle… Jésus l’ouvre aussi à l’illumination de son cœur rendu capable de reconnaître en lui le Sauveur attendu. Voilà où tout se joue : le cœur, et le cœur qui se laisse éclairer par Jésus. Les pharisiens s’enfoncent dans la nuit du refus et de la violence parce qu’ils n’accueillent pas la lumière apportée par Jésus. Leur cœur se ferme à cette lumière. Il y a là une grande leçon à en tirer pour nous : il ne suffit pas que le soleil brille pour que j’en sois réchauffé ou éclairé. Il faut que j’ouvre mes volets pour l’accueillir ! Il ne suffit pas que Dieu soit Amour infini pour que le mal disparaisse, pour que cessent les épreuves, pour que la paix s’installe « magiquement »… Si mon cœur s’ouvre à cet amour, s’il accueille cette présence, alors je peux espérer que le mal, les épreuves, la violence, la mort même ne seront pas les derniers mots de l’existence et que Dieu sera de mon côté, qu’il sera en moi comme une force pour les affronter, les traverser, les transformer ! Finalement, n’est-ce pas cela la joie véritable qui nous est offerte ?
Seigneur, en ce temps d’épreuve et de crise… que rien ne soit trop fort pour m’empêcher d’accueillir la joie que tu m’offres : joie de ta présence, joie de ton amour sans condition, joie de ton pardon, joie de ta fidélité, joie de ton salut… Joie d’être ton fils, ta fille bien-aimé(e), appelé(e) à passer, à chaque instant, des ténèbres à ta lumière ! Amen.

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