Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
https://angouleme.catholique.fr/Homelie-du-Jeudi-Saint11638

Homélie du Jeudi Saint

Par le père Frédéric VOLLAUD

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • réagir
  • 0 vote

Charité "dés-ordonnée" !


Vous connaissez le dicton :
« Charité bien ordonnée commence par soi-même. »
Et bien, la fête de ce soir nous dit exactement le contraire !
Elle nous parle d’une charité qui commence par les autres. Elle nous parle d’une charité « dés-ordonnée », excessive, exagérée, vertigineuse et presque indécente.
Elle nous parle d’un amour qui va jusqu’au bout.
Le soir du Jeudi Saint, Jésus sait que l’heure est venue pour lui de passer de ce monde à son Père.
Il est triste à en mourir, et l’angoisse de la mort va bientôt le faire suer du sang. Il sait aussi que Judas va le trahir, et que ses amis vont l’abandonner. Il sait aussi que beaucoup de gens continueront, tout au long de l’Histoire, à s’en laver les mains. Il est sans illusion. Il a donc toutes les raisons de se replier sur lui-même, de songer d’abord à lui et de vivre une charité « bien » ordonnée. Et pourtant, il parvient à puiser dans sa prière, dans la confiance en son Père et dans l’amour de ses frères, la force de laver les pieds de ses disciples et de se livrer pour la multitude. Il ne renonce pas à se donner.
L’Evangile que nous venons d’entendre nous appelle à participer à cet amour qui va jusqu’au bout. Mais il nous suggère aussi que nous serions bien incapables d’y parvenir par nous-mêmes ou par nos propres forces, car nos pieds sont souillés par la boue de l’égoïsme, par la sueur de la peur, par le sable du doute et par la poussière de notre charité si souvent tournée vers nous-mêmes… Pour avoir part à l’amour dont Jésus a vécu, nous devons absolument accepter au préalable de nous laisser laver les pieds par l’amour excessif qu’en Jésus, Dieu nous porte. C’est le sens profond de la remarque que Jésus fait à Pierre qui refuse de se laisser laver les pieds. Pour avoir part à l’amour dont Jésus a vécu, nous devons absolument accepter au préalable de nous laisser toucher et nourrir par un Dieu qui se livre à nous. Sans Lui, notre amour aurait bien du mal à franchir les limites de la peur, du scepticisme et d’une charité trop étriquée. Avec Lui, franchir ces limites devient possible.
Laissons-nous maintenant, "en esprit" puisque confinés, laver, toucher et nourrir par Lui. Que son corps béni et rompu, son sang versé et répandu puissent nous nourrir et nous désaltérer, aujourd’hui "en esprit", en attendant la joie d’une communion sacramentelle que nous espérons proche !
Amen.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


-