Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du Mardi Saint

Par le père Frédéric VOLLAUD

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Il les aima jusqu’au bout


Ces jours de la Semaine Sainte nous sont donnés pour suivre Jésus pas à pas dans le don qu’il fait librement de sa vie parce qu’il nous aime.
Dimanche nous entendions le récit de tous les événements de la Passion qui constituent l’Heure de Jésus, depuis le dernier repas jusqu’à la mise au tombeau, en attendant la stupeur de la résurrection.
Comment ne pas remarquer que rien ne peut arrêter Jésus dans l’accomplissement de la volonté d’amour du Père ? Pas même la trahison de Judas, pas même celle de Pierre. Malgré tout cela, Jésus se donne...
On peut se dire "quel gâchis !"... "à quoi bon ?"...
On peut aussi en tirer une leçon pour nous-mêmes : alors que nous sommes si frileux pour donner de notre essentiel, pour accorder notre amour (et ne parlons pas de notre pardon...), l’exemple de Jésus qui se donne sans laisser ce don de lui-même être conditionné par la manière dont il est accueilli et reçu, peut soutenir, encourager et fortifier le nôtre !
Combien de fois suis-je tenté de reprendre ce que j’ai donné ?
Qu’il est difficile d’aller jusqu’au bout du don de soi sans que la peur de se perdre ne l’emporte sur la joie de se donner !
Qu’il est exigeant de donner sans compter et sans rien attendre en retour !...
Pourtant, la contemplation de Jésus révèle la fécondité d’une vie livrée...
"Aimez-vous comme JE vous ai aimés" : cette parole est exigeante mais elle est source de vie !

Regardons les différents personnages de l’évangile.
Il y a Jésus. Il est bouleversé quand il annonce que l’un des siens le livrera. Il y a ici toute sa compassion pour le pécheur, pour celui qui court à sa perte mais à qui il ne peut pas imposer son amour, ni son pardon. Face à notre péché aussi, Jésus est bouleversé.
Il l’est encore lorsqu’il donne la bouchée à Judas et qu’il voit Satan entrer en lui.
"Ce que tu fais, fais-le vite". Parole mystérieuse que les disciples ne comprennent pas. Saint Augustin nous dit que c’est la parole d’un homme qui est prêt et qui cherche à hâter le salut des croyants. Toujours cette souveraine liberté de Jésus qui SE donne !
Il y a Jean, penché sur la poitrine de Jésus, témoin privilégié de son bouleversement intérieur tout autant que de son grand et unique désir de voir l’œuvre du Père s’accomplir.
Il y a Pierre, encore tout rempli de lui-même, pas encore passé au creuset du pardon et de l’humilité.
Peut-il entendre seulement ce que Jésus lui annonce : "Le coq ne chantera pas que tu m’aies renié trois fois" ?
Sûrement ne l’entend-il pas... mais Jésus continue de se donner.

Nous voilà donc témoins, participants nous aussi de ce drame de la passion, de l’amour qui va jusqu’au bout.
Que la peur de suivre Jésus ne soit pas plus forte que notre désir d’être emporté dans le flot de ce don qui nous offre au Père et qui nous livre au monde. Amen.

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