Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du Mardi de Pâques

Par le père Frédéric VOLLAUD

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Vous avez reconnu dans l’annonce de Pierre au jour de la Pentecôte (1° lecture), le noyau de la foi chrétienne, les deux événements inséparables sans lesquels notre foi est vide : la mort et la résurrection de Jésus, Seigneur et Christ.
C’est ce que la théologie appelle "kerygme" ou "proclamation solennelle".
SI un jour vous deviez résumer en quelques mots l’essentiel de la foi chrétienne, vous pourriez dire comme Pierre : "Dieu l’a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous aviez crucifié".
Pour dire que Jésus est ressuscité, Pierre dit : "Dieu l’a fait Seigneur et Christ", en grec, "Kyrios" : celui qui a reçu tout pouvoir sur les vivants et les morts, qui partage en plénitude la gloire de Dieu (et cette gloire, Jésus la partage dès le moment où il s’engage par amour dans sa Passion et dans sa mort... La croix révèle déjà la gloire !) ; et « Xristos » : Christ, qui rappelle la marque, l’onction, le signe de l’élection par Dieu et par là-même, la mission donnée à Jésus d’être Sauveur en épousant l’humanité pécheresse et en mourant pour elle. C’est un salut par "kénose", par abaissement et service, et non par la puissance des armes, de l’argent ou de l’orgueil...
La résurrection de Jésus, c’est la signature de lumière de Dieu, qui non seulement ne l’a jamais abandonné à l’injustice et à la violence des hommes, mais qui accueille dans la plénitude de sa vie et de son amour le sacrifice libre et aimant de son fils unique et bien-aimé et en étend les bienfaits à toute la création !
Il y a là, encore une fois, tout le mystère de l’infini et de l’éternel qui se concentre dans un être qui n’est pas seulement "un" homme mais qui est « l’Homme » pleinement accompli, celui qui va jusqu’au bout de l’amour en y engageant toute sa volonté, toute sa liberté. L’Homme qui ne considère pas sa vie comme un dû mais comme un don, et qui la sauve en la livrant. Et ce don d’un seul devient source de vie pour nous tous !
Les quelques mots du kerygme, qui contiennent l’essentiel de la foi, seront toujours à approfondir. Nous ne sommes pas prêts d’en épuiser le sens... Et les générations de croyants à venir en feront aussi l’expérience.
Nous n’en finirons pas de laisser la réalité qu’ils proclament nous rejoindre, nous éclairer, nous réjouir et nous transformer... Chaque année, la Liturgie nous replonge dans la nouveauté de cet éternel présent dans lequel Jésus ressuscité ne cesse de nous rejoindre, de se révéler à nos cœurs croyants... Dans chaque eucharistie, le Ressuscité nous permet de vivre l’expérience pascale de Marie Madeleine. Il nous rejoint dans le concret de nos vies, dans les tristesses de nos recherches désespérées comme dans nos espérances comblées, dans nos larmes de deuil comme dans les sourires de nos bonheurs humains... Et il prononce notre « nom de grâce », celui par lequel nous nous reconnaissons et nous LE reconnaissons. Et il nous invite à faire de la joie de cette rencontre le moteur de notre désir de l’annoncer, de laisser cette joie, à travers nous, rejoindre et atteindre le cœur de beaucoup, et surtout de ceux qui cherchent, qui doutent, qui marchent dans les ténèbres...
Jésus ressuscité... tu es la Lumière du monde ! Fais-moi la grâce de reconnaître ta présence et d’en porter la joie à tous ceux qui, comme moi, sont appelés à passer des ténèbres à ton admirable lumière ! Amen. Alléluia !

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