Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Homélie du Père Guy Rougerie pour la fin du Conseil Presbytéral

Homélie du Père Guy Rougerie pour la fin du Conseil Presbytéral

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Avant son départ pour Lyon, le Père Guy Rougerie a donné l’homélie à la fin du conseil presbytéral, revenant sur ses 10 ans de ministère comme vicaire général. Une homélie qui s’adresse à tous les baptisés de Charente.


« Si tu veux, je le veux. »
Cet Evangile est un texte court, que chacun d’entre vous a déjà médité, que chacun d’entre vous a déjà commenté, et c’est un peu tremblant que j’ose m’y risquer devant vous.
Premier aspect qui me touche dans ce texte : c’est la première guérison de Jésus. Matthieu, en écrivant son évangile en déposant cette première guérison veut nous dire quelque chose d’important, quelque chose d’essentiel.
Peut-être pouvons-nous nous rappeler qu’aux temps bibliques la lèpres touchait 4 grandes dimensions de la relation humaine.
La première c’est une maladie de la peau dont les conséquences ne sont pas très belles. L’homme est touché dans son intégrité de personne humaine.
Elle est contagieuse et sa contagion provoque l’exclusion de celui qui l’a. Il est hors de la ville, il est exclu et même, comme dit le Deutéronome, il doit crier dès qu’il voit du monde arriver avec des clochettes : « impur, impur, impur ! »
Après, il y a comme une impureté aussi religieuse. On pourrait dire qu’il est comme maudit de Dieu puisque la relation à Dieu, dans l’Ancien Testament, indique une relation de pureté.
Et puis il y a cette notion (« ‘Qu’est-ce qu’on a fait au Bon DIeu ! ‘, pour qu’il m’arrive ce qui m’arrive ainsi ») de châtiment divin qui rejoint cet homme et qui rejoint à travers lui, on pourrait dire, tous les lépreux de nos sociétés et de notre monde.

Alors je vous invite à nous arrêter un instant et à contempler ce lépreux.
Au lieu de faire ce que la loi lui demande, de s’enfuir et de crier « impur ! Impur ! Impur ! », il va s’incliner devant le Christ et dire cette phrase : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Je crois que cette attitude, et Matthieu veut le mettre en évidence, est relativement exemplaire. Le lépreux vient comme se glisser dans la volonté de Jésus. Il ose. « Si tu le veux. » Il ose se glisser dans la volonté du Seigneur d’une manière très proche de celle de Jésus au Jardin de Gethsémanie, souvenez-vous : Jésus dit « non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » Cet homme reconnaît en Jésus celui qui fait la volonté de son Père, il accepte de remettre toute chose dans la volonté et dans les mains de Jésus. Ce lépreux vient dans son attitude, interroger la manière avec laquelle je m’abandonne à Dieu dans la prière. Peut-être que je suis parfois plus enclin, par une culture spirituelle, à aller dans la louange, dans l’adoration, dans l’intercession et puis j’exprime mes besoins, mes désirs, même s’ils sont légitimes, à Dieu. Mais souvent on a du mal à entrer dans ce mouvement premier de s’en remettre à la volonté de Dieu. Depuis que nous sommes réunis, à travers tous les travaux d’hier et les partages de ce matin, on a essayé de chercher ensemble à faire la volonté de Dieu. Ce que nous prononçons aussi à chaque prière du Notre Père.

Cet homme, ce lépreux, était habité par cette conviction forte que seul en Dieu est notre solidité. C’est une belle invitation pour moi qui part dans un ministère nouveau pas simple, parce qu’il faut faire vivre un charisme qui est marqué par tant d’années, de décennies, qui a été marqué par le ministère de prêtres ouvriers, par des frères prêtres engagés en action catholique, aujourd’hui il faut accompagner, faire naître, poursuivre la naissance d’un charisme pour qu’il puisse répondre à l’intuition même d’Antoine Chevrier de former des prêtres pauvres pour les plus pauvres, de connaître, d’aimer et de suivre le Christ – chez nous on ose dire « de plus prêt ». Et d’essayer d’être en fidélité avec le Christ.

Peut-être finir avec une petite prière d’Alliance. Cette petite prière qui m’a souvent animée pendant ces 10 années comme vicaire général.

D’apprendre déjà à dire « merci » pour la journée qui s’achève. Ce matin je voudrais dire merci à Dieu pour toutes les belles collaborations que j’ai eu avec les uns et les autres, avec l’ensemble des baptisés du diocèse. C’est vrai que c’est beau de contempler cette unité qu’il y a entre les deux sacerdoces, le sacerdoce commun des baptisés et le sacerdoce ministériel qui est au service du premier. Et quand cette harmonie ou ce dialogue est vrai, alors il y a motif d’action de grâce. Et j’en ai été témoin, que ce soit dans les services, dans les mouvements, dans les paroisses, au sein des EAP… quand c’est beau, c’est grand !

Merci aussi pour une grâce que j’ai reçue (je le dis à Michel (Granger), ce n’est pas toujours facile mais quand on reçoit une nouvelle mission on reçoit une nouvelle grâce et celle que j’ai reçue j’ai envie de la partager et de dire merci). La grâce d’avoir découvert que tout ce qui se réalisait de bon dans le diocèse, c’était un merci qui m’était adressé. On sait que quand ça ne va pas bien, on vous le dira. Mais savoir se réjouir de ce qui se réalise et de le confier au Seigneur. Et c’est vrai que ça a été pour moi une grâce de savoir m’émerveiller (un bon pèlerinage, une bonne rencontre…) et de dire merci au Seigneur pour ce qui se réalise.

Et puis la grâce – peut-être que je ne l’ai pas suffisamment manifestée – d’accueillir, quand quelqu’un arrivait plutôt grognon, plutôt pas content, de l’accueillir d’abord comme quelqu’un qui était en souffrance et non pas comme quelqu’un qui venait m’agresser. Peut-être qu’il venait agresser la fonction de vicaire général que je ne savais pas habiter, mais d’abord d’accueillir le frère ou la sœur comme quelqu’un qui était en souffrance.
Je veux remercier pour ces deux grâces qui m’ont été données.

Dans la prière d’Alliance il y a les mercis et il y a aussi les pardons.
Je voudrais adresser un pardon au Seigneur mais aussi à vous tous pour toutes les fois où je n’ai pas été au rendez-vous que vous attendiez. Je n’ai pas à me justifier parce que j’avais beaucoup de travail ou autre, il y a des moments où je mesure que je n’ai pas été au rendez-vous de ce que vous attendiez. Pour être le veilleur, l’accompagnateur dont vous aviez besoin à ce moment là. Et je vous en demande profondément pardon.

Et puis pardon pour toutes celles, tous ceux que j’ai sûrement blessé par mes réponses brusques, par mes non-écoutes. Et puis j’ai une grande difficulté à l’écriture. Parfois je n’ai pas dépassé cette zone de confort, je ne me suis pas fait suffisamment violence pour écrire un mail, pour reprendre une conversation, pour redire ce qu’on s’est dit. Pour tous ces courriels et tous ces courriers que je n’ai pas adressé, je vous demande pardon.

La prière d’Alliance finit en demandant une grâce pour la journée qui vient. J’en ai demandé, des grâces !
La première grâce que j’ai envie de demander au Seigneur pour l’Église qui est ici en Charente, c’est l’invitation à grandir inlassablement dans l’écoute et dans l’estime de chacun, dans l’estime que nous nous devons les uns aux autres. Et puis n’ayons pas peur de nous laisser former par cette fraternité mutuelle, par le dialogue de ces deux sacerdoces, ministériel et sacerdoce commun des baptisés. Nous sommes au service du sacerdoce commun des baptisés. Cette grâce de grandir dans cette joie, d’être au service, d’être en relation, d’être en communion avec ces deux sacerdoces.

Soyez assurés de ma prière pour le diocèse d’Angoulême !

Je l’ai demandé à notre évêque, ce n’est pas dans le règlement du conseil presbytéral mais dès que je pourrai, je viendrai participer à vos travaux – à nos travaux – pour quand je rentrerai de Lyon dans 6 ans être en phase avec vous.

En pèlerinage ou pas, vous êtes tous invités à vous arrêter au 13 rue du Père Chevrier, dans un quartier qui s’appelle La Guillotière, et je vous ferais découvrir ce charisme des prêtres de la famille du Prado.

Amen.

P. Guy Rougerie.

En savoir plus

Texte d’évangile :
« Si tu le veux, tu peux me purifier » (Mt 8, 1-4)

Lorsque Jésus descendit de la montagne,
des foules nombreuses le suivirent.
Et voici qu’un lépreux s’approcha,
se prosterna devant lui et dit :
« Seigneur, si tu le veux,
tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main,
le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »
Et aussitôt il fut purifié de sa lèpre.
Jésus lui dit :
« Attention, ne dis rien à personne,
mais va te montrer au prêtre.
Et donne l’offrande que Moïse a prescrite :
ce sera pour les gens un témoignage. »

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