Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie et photos du 8 octobre 2017

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Si nous nous rassemblons autour de cette pierre d’angle, c’est pour rendre les fruits reçus, rendre grâce à Dieu, et lui porter « le fruit de la terre et le travail des hommes », l’activité de toute l’humanité, le cœur battant de chaque homme dans ses joies et ses peines.


Ce matin, en petits groupes, nous avons tenté de réaliser des construction en kapla, en prenant comme « pierre d’angle » un galet. Qu’avons-nous expérimenté ? La tentation de rejeter ce galet, peu pratique pour faire notre construction. Et aussi que si on enlève la pierre d’angle, toute la construction s’écroule.
Dans l’évangile, les vignerons on plus que la tentation de se débarrasser de la pierre d’angle. Quand Jésus en parle dans la parabole, il en parle comme du Fils. Le propriétaire d’une vigne envoie son fils auprès des vignerons récupérer la récolte, mais les vignerons rejettent le fils et le tuent. Ce fils, c’est Jésus lui-même, qui sera rejeté et tué sur une croix, comme une vulgaire pierre jetée au loin. Mais de cette pierre, de ce fils, Dieu fait « la pierre angulaire », c’est à dire la pierre qui tient toute la construction. Jésus nous parle de lui, et nous dit que c’est lui qui tient tout. Le Fils, Jésus, rejeté par les siens comme tous les prophètes avant lui (ces prophètes que la parabole évoque avec les serviteurs) devient celui sur lequel tout la construction est bâtie, le fondement de toute vie et de toute existence par ce qu’il est : l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin, le tout amour sans qui tout s’écroule. « Merveille devant nos yeux », que ce retournement inimaginable avec nos regards humains, mais qui vient comme une caresse apaiser nos cœurs de toutes leurs violences, leurs peurs et leurs enfermements.
Le Christ est-il la pierre angulaire de nos vies ? Est-il le fondement de notre existence, ou la pierre qu’on peut rejeter de temps en temps pour être un peu plus tranquille et maître de notre vie ? « Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus », disait Paul aux Philippiens. Choisir le Christ comme fondement, c’est donc choisir la paix et le repos.

Jésus est la pierre angulaire donc. Mais de quelle construction parlons-nous ?
De l’Église. L’Église communauté. Jésus est celui qui nous rassemble et sur lequel toutes nos relations s’appuient. En lui, toutes nos relations trouvent leur source et leur force (notamment celle du pardon). Jésus est la pierre angulaire de notre communauté et de toute l’Église.
Mais on parle de construction, et l’Église – communauté est signifiée, manifestée par une église – bâtiment. Et au milieu de ce bâtiment, on trouve bien une pierre : l’autel. Si nous pouvons construire autour (construire les murs de cette église et les relations de notre communautés), c’est parce qu’il y a cette pierre d’angle au milieu de nous, qui est plus qu’une pierre ou qu’une table, mais Jésus-Christ (quand le prêtre baise l’autel au début de la messe, il n’embrasse pas une table, il embrasse le Christ !)
Cette pierre, rejetée et devenue pierre d’angle, nous fait tenir les uns avec les autres comme autant de pierres d’une belle construction – l’Église. Et Jésus, en sa Parole, opère encore un retournement : la construction n’est pas pour elle-même. « Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire du fruit. » Le royaume de Dieu ne se laisse pas enfermer dans les limites de l’Église – à moins que ce soit l’Église qui accueille et assume en elle toutes les réalités du monde. Toute l’humanité, tous les hommes sont appelés à entrer dans le royaume de Dieu et à en goûter les fruits. Et si nous nous rassemblons autour de cette pierre d’angle, c’est pour rendre les fruits reçus, rendre grâce à Dieu, et lui porter « le fruit de la terre et le travail des hommes », l’activité de toute l’humanité, le cœur battant de chaque homme dans ses joies et ses peines. Tout confier à Jésus-Christ, seul capable, par sa puissance de vie, à offrir notre humanité non seulement de tenir, mais plus encore d’être sauvée, libérée des peurs et des violences.
Dieu nous appelle à travailler à sa vigne et à rendre grâce pour la confiance reçue. Dans le même temps, c’est lui-même qui vient travailler à notre vigne intérieure, offrant la paix, la miséricorde et la tendresse à nos cœurs et nos vies, nous faisant patiemment mûrir comme de bons et beaux fruits, pour sa gloire.
Que notre eucharistie ce matin soit la joyeuse fête de ce magnifique échange, dans l’action de grâce pour toute l’humanité.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Vingt-septième dimanche du temps ordinaire

Livre d’Isaïe 5,1-7.
Je veux chanter pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile.
Il en retourna la terre, en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais.
Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne !
Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ?
Eh bien, je vais vous apprendre ce que je ferai de ma vigne : enlever sa clôture pour qu’elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu’elle soit piétinée.
J’en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j’interdirai aux nuages d’y faire tomber la pluie.
La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici le crime ; il en attendait la justice, et voici les cris.

Psaume 80(79),9-10.13-14.15-16a.19-20.
La vigne que tu as prise à l’Égypte,
tu la replantes en chassant des nations.
Tu déblaies le sol devant elle,
tu l’enracines pour qu’elle emplisse le pays.

Pourquoi as-tu percé sa clôture ?
Tous les passants y grappillent en chemin ;
le sanglier des forêts la ravage
et les bêtes des champs la broutent.

Dieu de l’univers reviens !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu’a plantée ta main puissante.

Jamais plus nous n’irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !
Seigneur, Dieu de l’univers, fais-nous revenir ;
que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 4,6-9.
Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes.
Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.
Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte.
Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,33-43.
En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.”
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !”
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »

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