Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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        Introduction au bien commun

Introduction au bien commun

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En introduction à la journée de formation du 18 octobre 2014 sur le bien commun, le Père Delage livrait une réflexion sur le thème du jour.


« Pour papa la source de son engagement c’était la liturgie ». Voilà ce que déclarait une de ses filles à l’occasion de la préparation des obsèques de son père, militant très impliqué dans l’action sociale. Ce témoignage m’a posé question. Aussi, dans un premier temps, nous irons faire un tour du côté de la célébration du mariage et de ce qu’entraîne le baptême. Dans un deuxième temps, nous essaierons de préciser quelques notions telles que justice, justice sociale, bien commun puis pour conclure quelques pistes d’action.

Suivons donc le déroulement du mariage. Dans un premier temps le célébrant constitue un dossier dans lequel on met extrait de naissance, extrait de baptême auxquels on ajoute ce qu’on appelle la déclaration d’intention ; c’est-à-dire une pièce écrite qui témoigne de la liberté des fiancés et de la connaissance de leur engagement. Cette pièce peut être totalement manuscrite ou être constituée par un formulaire préalable, que les fiancés signeront. Il existe plusieurs formulaires en fonction de leurs convictions. J’en lis des extraits :

« Enfin je pense que notre amour nous appelle à travailler avec les autres pour plus d’amour, de justice et de paix »
Autre formule : « je crois que notre amour nous appelle à dépasser notre égoïsme en nous mettant au service des autres dans notre foyer et dans la société en travaillant avec tous pour plus d’amour de justice et de paix ».

Le jour du mariage, en règle générale, le mariage civil précède le mariage religieux. Savez-vous qu’à la mairie, la porte de la salle où les fiancés répondent « oui » à Monsieur le maire doit être ouverte. Fermée, le mariage civil n’existerait pas. Est ainsi exprimé symboliquement que les époux ne pourront être étrangers à la vie de la société.

Après la cérémonie civile, nous entrons dans l’église. L’échange des consentements est précédé d’un dialogue avec le célébrant où les fiancés affirment leur liberté. Il est prévu que le prêtre ou le diacre pourront conclure ce dialogue, si cela convient, par la question suivante : « êtes-vous disposés à assumer ensemble votre mission de chrétien dans le monde et dans l’Eglise ». Puis la cérémonie se termine par ce que l’on appelle la bénédiction nuptiale. Il en est proposé 5. Je cite la n°4 «  En s’appuyant sur leur amour, avec la force de l’Esprit qu’ils prennent une part active à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel et soient ainsi fidèles à leur vocation humaine et chrétienne ».

Toutes ces références sont en parfaite consonance avec ce passage de la prière eucharistique 2 : « Tu nous as choisi pour servir en ta présence ». Ainsi que la première oraison de l’année liturgique :

« Donne à tes fidèles, Dieu tout puissant, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur pour qu’ils soient appelés lors du jugement à entrer en possession du royaume des cieux » (oraison du 1er dimanche de l’Avent)

Tout cela découle des conséquences du baptême. Le code de droit canonique énumère un certain nombre d’obligations du baptisé qu’il soit cardinal, pape, évêque…fidèles… Ils sont tenus par l’obligation de promouvoir la justice sociale et encore se souvenant du commandement du Seigneur de secourir les pauvres sur leurs revenus personnels ». Baptême, Eucharistie, Mariage, sacrements qui réveillent la vie du croyant avec Dieu et ses frères.

Passons maintenant à la seconde partie. Quelques éléments pour préciser ce que l’Eglise entend par justice sociale. Est social, tout, je dis bien tout ce qui relève de la vie socio-économique et tout ce qui en découle dans les différents groupes sociaux. A titre d’exemple, relève du social, la concurrence, les traités de commerce, les actions politiques, la santé etc.… La justice devient pour chacun une attitude, une décision, une volonté. Ce qui peut se résumer de la manière suivante : » l’attitude par laquelle quelqu’un d’une volonté ferme et constante reconnaît à chacun son droit. » Pour Benoit XVI être juste dans sa vie c’est pratiquer le minimum de la charité. Sans justice il n’y a pas de charité.

Se pose alors une question : comment pratiquer la justice, comment déterminer pour chacun et pour les communautés de croyants ce qui est juste. Cela demande, comme l’exprime Jean XXIII du discernement. En effet, la volonté ferme et continue de rendre à chacun ce qui lui est dû, demande une recherche, une interprétation des situations. C’est une œuvre à la fois de représentation, de charité, de réflexion. Chaque peuple, chaque société organise la vie commune de manière différente. Les règles de la vie en société varient chez les Incas, les roumains………

Cette variété demande vraiment de faire œuvre de discernement. La bible nous en offre un exemple. Le jugement de Salomon. Jeune roi, conscient de sa tâche, il demande à Dieu le discernement. Il le met en œuvre dans le fameux jugement où il s’agit de déterminer la vraie mère d’un enfant que se disputent deux prostituées. La mère s’oppose à ce que l’on coupe l’enfant en deux avec le glaive. Salomon n’applique pas une loi pré-établie, il découvre la vraie mère avec sa raison, avec son cœur. Le croyant dispose aujourd’hui de la pensée sociale de l’Eglise pour éclairer sa raison et son cœur. Pensée dont le livre « Notre bien commun » présente certains aspects. Il dispose de plus d’une démarche recommandée par Jean XXIII ; « Voir Juger Agir ».

De la pensée sociale, passons au bien commun. Voilà ce que j’en ai compris.

Supposons des poissons rouges dans un bassin. Pour rester en vie, ils ont besoin d’eau de qualité, renouvelée, ils ont besoin d’algues, d’être nourris régulièrement. Ce qui est exigé pour la vie d’un seul est nécessaire pour tous. Si nous passons à la société, on pourrait dire que le bien commun ne se réduit pas à un seul élément mais requiert une multitude de conditions. Pour le dire autrement, le bien commun c’est : l’ensemble des conditions sociales permettant à la personne d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement (Mater et Magister 65).

D’après ce que j’ai compris le bien commun regroupe des éléments théoriques et pratiques. D’un point de vue théorique, il implique le respect de la dignité des personnes pour permettre à chacun de suivre sa vocation. L’homme n’est ni une marchandise ni une variable d’ajustement. D’un point de vue pratique, le bien commun s’étend à de nombreux domaines : l’eau, le logement, l’alimentation, l’éducation, les soins, la culture, la religion…. De plus, le bien commun n’est pas à envisager uniquement dans le présent, il s’adresse aussi aux générations futures. Pour employer le jargon actuel il possède une dimension intergénérationnelle (les générations à venir) et écologique.

Pour conclure, une réflexion générale et quelques remarques, vous n’êtes pas obligés d’y souscrire.

En ce moment, à l’heure où je vous parle, nous participons de deux réalités, l’une physique, l’autre spirituelle. Comme la terre tourne autour du soleil, nous nous déplaçons dans l’espace à plusieurs kilomètres à la seconde et en même temps nous appartenons à une communauté de croyants témoins de l’alliance de Dieu avec l’humanité. En sommes-nous bien persuadés ?

Notre journée se situe dans la suite de « diaconia » et regroupe des membres venant de différents mouvements et services, de conseils pastoraux, d’équipe d’animation pastorale… Tout en respectant la diversité des démarches, je voudrai suggérer quelques éléments pour avancer vers une meilleure prise en compte de la justice sociale et du bien commun de notre part.

N’hésitons pas à inviter les conseils pastoraux, les équipes d’animation pastorale, à débuter deux ou trois fois par an, par un temps gratuit sur les évènements sociaux qui marquent nos proches et notre environnement, partageons sur des situations concrètes.

Ayons le courage de ne pas nous arrêter seulement à l’organisation mais soyons attentifs à la progression des personnes même si ce n’est pas comme nous le souhaiterions. Laissons à chacun la liberté de son évolution.

N’oublions pas tout ce qui peut favoriser notre ouverture et la prise en compte de notre mission de baptisé. Gardons les yeux ouverts. Voir – Juger – Agir.

P. Jean-Claude Delage

introduction au bien commun - P. Jean-claude Delage.

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