Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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" L’Évangile du glaive "

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DIMANCHE 18 AOÛT 2019
20° dimanche du temps ordinaire année C

Saint Luc 12,49-53


Le contexte historique

Lorsque Luc écrit ce texte d’évangile, les chrétiens connaissent des heures difficiles, des circonstances tragiques. Ils sont affrontés à des déchirements internes, des persécutions extérieures avec leur lot de confusion et de conflits. Cette situation touche aussi les familles, les communautés où l’on s’oppose, on l’on se trahit parfois, on l’on peut même se livrer aux tribunaux...Et tout cela à cause de CELUI ( Jésus) dont on disait qu’il était venu pour fonder une grande fraternité et instaurer la paix sur terre !!!!

Le message de l’évangile

Reconnaissons que c’est un texte difficile, déroutant. Jésus apporte le feu.... Il va recevoir un baptême … et mettre la division !...
Qu’est-ce que ces trois déclarations veulent nous dire ?

-  Il apporte le feu . Le feu éclaire. Le feu détruit. Le feu réchauffe. Le feu transforme. Souvenons-nous le chant de la veillée Pascale, autour du feu nouveau : « joyeuse lumière, splendeur éternelle du Père, saint et bienheureux Jésus-Christ . C’est Toi qui éclaires.... »
-  Voici donc le feu de l’amour, de l’amour que Dieu met dans le cœur de chacun, par Jésus qui « m’a brûlé notre cœur, au carrefour des Écritures... :... tourne mes sens à l’intérieur...pour que le feu de ton bonheur à d’autres prenne ! », selon un très beau cantique pascal. Jésus vient apporter la chaleur de l’amour et non de l’eau bénite !
-  Il va recevoir le baptême : Jésus n’a pas voulu échapper à la condition humaine. Dieu, en prenant notre humanité en prend aussi toutes les joies et les peines. L’amour du Seigneur pour nous ne se réalise pas toujours dans un cocon de douceur, où tous les conflits seraient évacués, tous les angles arrondis ! Le baptême de Jésus le met au rang de notre humanité. Les baptisés que nous sommes n’échappent pas aux difficultés de la vie quotidienne. Le baptême ne nous protège pas des combats, des conflits même familiaux. Les combats et les conflits ne sont pas obstacles au dialogue, au partage. Ils ne se résolvent que dans le dialogue de compréhension, de compassion, de tolérance, de pardon, de communion fraternelle. Le baptême nous met sur un chemin de sainteté. Le Pape François s’exprime ainsi : « N’aie pas peur de la sainteté. Elle ne t ’enlèvera pas les forces, ni la vie ni la joie. C’est tout le contraire, car tu arriveras à être fidèle à ton propre être....dans la mesure où il se sanctifie, chaque chrétien devient plus fécond pour le monde... N’aies pas peur de viser plus haut, de te laisser aimer et libérer par Dieu. N’aies pas peur de te laisser guider par l’Esprit-Saint. La sainteté ne rend pas moins humain, car c’est la rencontre de ta faiblesse avec la force de la grâce. Au fond, comme disait Léon Bloy, dans la vie « il n’a qu’une tristesse, c’est de n’être pas de saints... (gaudété et exsultaté § 32-33)
-  Il va mettre la division. Entendre cette affirmation évangélique peut nous faire peur et mettre en doute ou en questionnement notre foi en la Parole de Dieu. Entendre l’évangile que la belle fille sera contre la belle mère ne nous surprend sans doute pas, tant la réalité quotidienne nous donne à voir la division entre les belles filles et les belles mères ! Mais restons prudents et sérieux ! Comprenons que l’attachement à Jésus peut faire naître des divisions, même au sein de nos familles, du moins en nuançant, des incompréhensions !
-  La vie adulte se développe très souvent sous le signe de l’agression, tant il est difficile de se faire comprendre : chacun de nous veut avoir raison ! Que d’efforts il faut pour construire ensemble des choses durables, en famille, en communautés !.. Cela n’exclue pas, pour autant, le respect des personnes, avec leurs limites et leurs réticences. On voit bien que Jésus n’a pas voulu échapper à la loi des relations humaines. Il l’a même renforcée  ! Avec Lui, la charité est devenue un combat contre toutes les formes de ténèbres qui peuvent subsister dans l’homme et la société.
-  Aujourd’hui, les chrétiens, en Église, se trouvent confrontés à ce combat qui met sur le ring de la vie quotidienne du témoignage, les intérêts personnels et l’ouverture aux autres dans le partage, et la solidarité au-delà de toutes frontières !
-  L’Église, elle-même peut connaître des divisions liées à l’histoire, des conflits liés aux situations politiques, sociales, culturelles des pays...
-  L’Église est enfin sortie des compromis avec l’ordre établi. Les persécutions, les martyrs d’aujourd’hui en sont la preuve !
-  L’Église persécutée ou celle où les chrétiens sont dans l’indifférence, redécouvre alors, la saveur de l’Évangile qui pousse l’humanité à changer radicalement et à se convertir .

Message pour nous aujourd’hui

Le 15 août nous avons célébré la montée au Ciel de la Vierge Marie, l’Assomption . Dans les sanctuaires mariaux, dans nos églises locales, nous avons chanté Marie, une femme de la terre devenue mère de Dieu. L’Évangile de cette fête mariale nous montre Marie en visite chez sa cousine Élisabeth ; C’est pour nous une invitation à nous mettre en route vers les autres. La vraie grandeur de Marie réside dans sa foi, dans sa charité et dans son inlassable espérance.
Si le titre de cette méditation est « l’Évangile du glaive », c’est parce que, moi-même, en méditant l’Évangile de ce dimanche et dans la lumière de l’Assomption, je me suis souvenu de la Parole du vieillard Siméon disant à Marie, au jour de la présentation de Jésus au Temple « un glaive transpercera ton cœur ! »

C’est avec le Pape François que je termine cette méditation :
« Je voudrais que la Vierge Marie couronne ces réflexions, car elle a vécu comme personne les béatitudes de Jésus. Elle est celle qui tressaillait de joie dans sons cœur et qui s’est laissée traverser par le glaive. Elle est la Sainte parmi les Saints, la plus bénie, elle qui nous montre le chemin de la sainteté et qui nous accompagne. Elle n’accepte pas que nous restions à Terre et parfois elle nous porte dans ses bras sans nous juger. Parler avec elle nous console, nous libère et nous sanctifie. La Mère n’a pas besoin de beaucoup de paroles, elle n’a pas besoin que nous fassions tant d’efforts pour lui expliquer ce qui nous arrive. Il suffit de chuchoter encore et encore « Je vous salue Marie ». »(§ 176 de Gaudété et exsultaté, Pape François)

Vierge bénie entre toutes les femmes,
mère choisie entre toutes les mères,
Mère du Christ et mère des hommes,
donne-nous ton Fils,
donne-nous ton Fils.

En fraternelle communion avec chacun de vous,
Frère Henri Revéreau, missionnaire de Sainte Thérèse

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