Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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      La légende de la Braconne

La légende de la Braconne

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La forêt mythique de La Braconne est un des massifs les plus importants issus de l’ancienne "Sylve d’Argenson". Devenue forêt royale en 1776, elle est déclarée "bien national" à la Révolution et est aujourd’hui gérée par l’ONF. Située à 10 km au nord-est d’Angoulême, elle s’étend sur 18 km du Nord au Sud. Le massif repose sur un terrain calcaire, façonné par le temps et l’eau, avec des vallées sèches, et des fosses remarquables (la Grande fosse, la plus spectaculaire avec ses 40 m de profondeur) qui abritent de nombreuses chauves-souris.
Le site est classé au titre du réseau européen Natura 2000.

Mais qui se souvient de la création de cette immense forêt ?

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-  Tu crois que ça va durer encore longtemps ?
-  On ne se quittera pas tant qu’il n’y aura pas d’accord.
-  Mais ils vont s’inquiéter au village. C’est le soir de la potion magique.
-  Tu leur diras que c’était pour la bonne cause. S’ils veulent une bonne potion dans l’avenir, il faut savoir prendre les bonnes décisions.

Cela faisait déjà deux jours que les druides de Charente tenaient leur congrès annuel. Ils s’étaient réunis dans la Grande fosse à quelques kilomètres d’Iculisma. Depuis que César avait envahi la Gaule, les druides redoublaient de précaution pour que les Romains n’apprennent pas leurs recettes aux effets fantastiques mais qui pouvaient se révéler redoutables.

Après avoir traité la veille les points habituels de l’ordre du jour et passé une soirée festive autour du barde Partitionix, ils abordaient depuis tôt ce matin le thème principal du congrès de cette année 32. Le grand plateau calcaire qui s’étendait d’Iculisma à la bourgade de La Roche ne pouvait rester plus longtemps dans cet état désertique. Il fallait y planter des arbres en grand nombre ce qui permettrait aux druides des vallées de la Charente et de la Tardoire d’y venir cueillir le gui avec leurs serpes d’or et leur éviter ainsi un long déplacement dans le Limousin ou le Périgord.

Mais si tous étaient d’accord sur le principe, la discussion n’en finissait pas de savoir quelle sorte d’arbre il fallait planter. L’enjeu était, bien sûr, de retenir l’arbre qui serait le plus propice pour le gui si précieux aux préparations médicales.

Toutes les essences avaient été évoquées et, après des heures de débat animé, le choix se résumait aux deux dernières retenues : l’acacia ou le chêne. Les porte-paroles de chaque camp redoublaient d’arguments.

Ramix était le plus véhément :

-  L’acacia est un des rares arbres dont les branches ne pourrissent pas, même quand elles tombent au sol ! C’est une chance inespérée pour donner à notre gui la vertu d’immortalité que les hommes espèrent depuis toujours.

Mais Charentix se moquait :

-  Ah tu crois vraiment à l’immortalité ? Être vieux et végéter par terre ? Est-ce vraiment ce que les hommes désirent ? Moi je crois que c’est le chêne qui peut nous conduire à l’éternité. Il est vigoureux et fort. Notre gui se parera de ses vertus.
-  Très bien, mais il meurt puis pourrit et toi tu parles d’éternité !
-  Oui, c’est bien là le sort de la nature vivante. Mourir, pourrir et se transformer en bon terreau pour permettre à la vie de renaître.
-  Tu te prends pour le gars dont on parle depuis quelque temps qui se balade en Judée et promet une vie après la vie ! Foutaise ! Il ne raconte que des balivernes. Si au moins il marchait sur l’eau, ça donnerait à réfléchir.

Le président des druides, voyant qu’ils s’égaraient, leur demanda de conclure avant de passer au vote.

Ramix s’empressa :

-  Je vous en conjure mes chers collègues, plantons des acacias dont le bois est imputrescible et le gui que nous cueillerons donnera l’immortalité à nos braves gens.
Charentix répliqua :

-  Plantons des chênes pour que notre gui donne force et vigueur aux hommes. Ils auront une belle existence et permettront ensuite à la vie de renaître en fertilisant la terre.

Et, l’œil malin, il ajouta :

-  Et je vous rappelle que l’acacia a des grandes épines auxquelles nous risquerions de nous piquer en cueillant le gui.
L’assemblée générale vota et le chêne l’emporta avec une écrasante majorité.

C’est ainsi que naquit la grande et belle forêt de la Braconne mais personne ne sut jamais si le chêne l’avait emporté pour ses vertus ou par crainte des druides de se piquer aux épines des acacias.

Jean Paul Tourvieille
http://www.tourvieilleauteur.fr/

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