Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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      Mélusine et la Charentaise

Mélusine et la Charentaise

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Lorsque Mélusine eut seize ans, sa maman, la fée Persine, lui dit :
-  Désormais, ma fille, tu as l’âge d’accomplir ta mission de fée. Il te faut partir, trouver la région qui t’est destinée et y accomplir là-bas tous les bienfaits que les gens braves et justes mériteront. Prends ta belle robe de fée et surtout n’oublie jamais de mettre tes souliers d’argent car, à défaut, tu perdrais tes pouvoirs magiques.
Mélusine partit et devient une grande voyageuse. Après avoir traversé moult pays et contrées, elle finit par s’installer dans la forêt de la Boixe à côté de Saint-Amant au nord de la Charente.
Le druide local lui indiqua la présence d’un chêne immense sur le chemin qu’il empruntait pour aller cueillir le gui avec sa serpe d’or. Son tronc était creux et elle pourrait y établir sa demeure.
La fée Mélusine s’installa et s’y trouva fort aise.
Chaque matin à l’aube, elle partait à la grande bourgade d’Angoulême, pour y exercer ses dons et y dispenser ses bienfaits.
Étienne, un jeune homme qui venait rejoindre la bergerie de son oncle pour garder les moutons, l’entendait chanter quand il arrivait près du bois et la regardait passer de loin, caché dans un fourré.
Je pars jouer la citadaine , Dig don daine,
Pour soulager ceux qui peinent, dig don daine
Et voir des beaux garçons, dig don don,
Qu’ont du poil au menton, dig don don

Le cœur du jeune berger était plein d’émotion quand il entendait cette jolie voix. Le soir il partait fort tard de la bergerie pour voir sa belle fée revenir à son logis.
Mais au bout de quelques semaines, ce sont des plaintes et des gémissements qui se faisaient entendre quand Mélusine rentrait. Il la voyait boiter bas et se tordre de douleur en marchant. La fée se lamentait tout haut.
Oh pourquoi m’as-tu fait promettre maman,
De toujours mettre ces souliers d’argent
Ils sont beaux et attirants
Mais ils me blessent en marchant.
Il me faudra bientôt déménager
Pour, à côté de la ville, habiter.

Étienne était abattu et ne pouvait accepter de voir sa fée partir à jamais. Alors il eut une idée. Il se rendit au moulin à eau du Père Jéva car il savait y trouver ce dont il avait besoin. La marine impériale de Rochefort avait récemment passé une grosse commande de pèlerines et le Père Jéva lui avait dit la veille qu’il ne savait plus quoi faire de toutes ces chutes de feutre qui l’encombraient.
Il en fit grande provision qu’il rapporta à la bergerie. L’après-midi même il tondit son plus beau mouton et foula la laine nécessaire à son projet. C’est ainsi qu’il confectionna deux pantoufles avec dessus en laine et semelle en feutre. Il les déposa au pied du chêne qui servait de logis à sa fée.
Quand Mélusine rentra le soir boitant bas, elle les découvrit et s’empressa de les enfiler. Elle s’en trouva fort aise et le lendemain elle les mit dans ses souliers d’argent.
Le beau berger l’entendit chanter :
Avec mes charentaises
Je suis ben benéze.
Avec mes biau chaussons
J’ai plus mal aux petons.
Il osa enfin l’aborder :
-  Bonjour jolie fée, vous avez l’air bien enjouée ce matin
-  Oui beau berger, je te vois depuis longtemps caché dans tes fourrés et je sais que c’est toi qui m’as fabriqué ces doux chaussons. Mais comment ferai-je à la ville pour les cacher, car les gens ne comprendraient pas qu’une fée ait des chaussons dans ses souliers d’argent ?
-  Eh bien jolie fée, oublies-tu les pouvoirs de ta baguette magique ? Il te suffira de toucher tes pantoufles pour les dissimuler à la vue des braves gens.
Mais arrivée à Angoulême, la fée Mélusine était tellement bien qu’elle oublia de faire disparaître ses chaussons avec sa baguette magique. Les gens s’étonnèrent et lui demandèrent où elle avait trouvé ces charentaises. La fée Mélusine leur raconta qu’un ami berger lui avait fabriqué. Tout le monde en voulut.
Le beau berger croula sous les commandes et fit fortune.
C’est à cette époque que tous les Charentais chaussèrent des pantoufles le soir, mais aussi le matin pour mettre dans leurs sabots.
Ainsi sont nées les Charentaises.

Jean Paul Tourvieille
http://www.tourvieilleauteur.fr/

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