Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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            Mercredi 6 mars 2019 : Entrée en Carême

Mercredi 6 mars 2019 : Entrée en Carême

Vivons ce chemin de Carême joyeusement ! Nourrissons-nous les uns des autres ! Accueillons-nous ! Accueillons la Parole de Dieu ! Prions dans le silence de nos chambres et dans nos grandes assemblées. Partageons ....

La vie de ressuscités n’attend que notre consentement pour jaillir en nous et pour transformer le monde


D’un côté, l’Evangile nous invite à la discrétion, à agir dans le secret du cœur et de l’esprit. De l’autre, dans le livre de Joël, le Seigneur appelle à sonner du cor dans Sion, à annoncer une fête solennelle, à réunir le peuple, à tenir une assemblée sainte, à rassembler les anciens, les petits enfants et les nourrissons. Alors que faire : discrétion ou manifestation publique ?
Et pourquoi choisir ? Pourquoi tergiverser ? Pourquoi se poser la question, hésiter, perdre du temps ? C’est l’urgence, qui traverse ces textes. C’est l’urgence, que nous annonce la Parole : « Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut ! » Maintenant ! Aujourd’hui ! Assez de procrastination, de tiédeur, de mollesse. La conversion n’attend plus. La justice n’attend plus. L’Amour n’attend plus. Le partage n’attend plus. La confiance n’attend plus. L’ouverture n’attend plus. Assez de mensonges, d’injustice, de barrières, de contres-vérités, d’hypocrisie, de violence, de silences, de manquement à la dignité de l’Homme. C’est notre vie qui est en jeu. Oui, rien de moins : notre vie. Notre vie humaine. La vie du monde. La vie de l’univers. La vie dans la création. La vie relationnelle entre nous tous. Les équilibres sociaux, mondiaux, environnementaux, ecclésiaux… tous sont en crise. Tous sont en balance instable. Tous sont prêts à basculer sur les plus mauvaises pentes. Et nous, nous continuerions à réfléchir, à penser, à peser le pour et le contre, à imaginer ce que ça pourrait devenir si, ou pas, et pourquoi pas, à moins que… ? « La maison brûle et nous regardons ailleurs », disait à l’époque un chef d’état à propos de la situation mondiale. Et notre cœur, pourquoi ne brûlerait-il pas ? Se serait-il affadit ? Oublierait-il de battre ? Serions-nous devenus des êtres à sang froid, la chaleur disparue ?
« Revenez à moi de tout votre cœur ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements ! » Revenez au Seigneur. Revenez à la miséricorde, au pardon, à la justice, à la vérité, à la parole, à l’accueil, à la douceur, à l’action, à la recherche du bien et du bon. Revenez à l’Amour. Retrouvez la Vie !
« Au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. »
Si l’entreprise te paraît trop lourde, ou trop dure, trop lointaine ou inaccessible, ne crois pas que tu puisses la vivre seul. Le temps du carême et de la conversion n’est pas un concours d’efforts surhumains à accomplir pour réussir le chemin. Quelqu’un t’a précédé. Quelqu’un a déjà fait le chemin. Quelqu’un a déjà pris tout le péché du monde sur lui : « Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. » Vous avez déjà reçu de lui la grâce : ne la laissez pas sans effet. « Car il est dit dans l’Ecriture : ‘Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru’. » C’est sur lui, le Christ, que tu peux t’appuyer. C’est lui, le Christ, qui te permet de te réconcilier avec Dieu. C’est lui, le Christ, qui vient réchauffer ton cœur en étant tout amour et douceur et miséricorde. C’est lui, le Christ, qui en t’offrant son Esprit de Vie te donne de retrouver la Vie.
Urgence de cette redécouverte. Nous avons 40 jours. Nous trouverons certainement cela long : ce sera court. Ne perdons pas de temps à nous y mettre, seul et en communauté. Les moyens sont simples, les propositions seront nombreuses, les sollicitations peut-être fatigantes : vivons ce chemin joyeusement ! Nourrissons-nous les uns des autres ! Accueillons-nous ! Accueillons la Parole de Dieu ! Prions dans le silence de nos chambres et dans nos grandes assemblées. Partageons ce que nous avons, mettons en commun ce qui appartient à tous. Désapproprions-nous de ce qui nous empêche d’être libres et légers et joyeux et vivants ! Préparons-nous ensemble à changer de visage et de vie : la vie de ressuscités n’attend que notre consentement pour jaillir en nous et pour transformer le monde.
« Pitié pour nous, Seigneur, dans ton amour, rends-nous la joie d’être sauvés. »
Amen.

P. Benoît Lecomte

Livre de Joël 2,12-18.

Maintenant – oracle du Seigneur – revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et laisser derrière lui sa bénédiction : alors, vous pourrez présenter offrandes et libations au Seigneur votre Dieu. Sonnez du cor dans Sion : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une fête solennelle, réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre ! Entre le portail et l’autel, les prêtres, serviteurs du Seigneur, iront pleurer et diront : « Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n’expose pas ceux qui t’appartiennent à l’insulte et aux moqueries des païens ! Faudra-t-il qu’on dise : “Où donc est leur Dieu ?” »
Et le Seigneur s’est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple.

Psaume 51(50),3-4.5-6ab.12-13.14.17.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5,20-21.6,1-2.

Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. En tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui. Car il dit dans l’Écriture : ‘Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru.’ Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »

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