Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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        Monseigneur Gosselin : « Car rien n’est impossible à Dieu »

Monseigneur Gosselin : « Car rien n’est impossible à Dieu »

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Mgr Hervé Gosselin est évêque d’Angoulême depuis 2016. L’occasion de faire le point sur ses actions à travers son bilan et ses projets futurs, interviewé par la Conférence des Evêques de France.


Comment avez-vous réagi le jour de votre nomination au diocèse d’Angoulême en 2016 ? Connaissiez-vous le diocèse d’Angoulême ?

J’étais très surpris à l’annonce de ma nomination car je ne m’y attendais pas. Pour l’héritage historique, il y a eu la succession avec Mgr Claude Dagens. C’était très impressionnant de succéder à un académicien. Puis, j’ai découvert une région que je connaissais peu. Je suis originaire de Bretagne. J’avais eu l’occasion de traverser la Charente. Plus traverser qu’y séjourner. C’est un bel et fécond héritage. Je suis heureux d’être dans un diocèse rural car je suis né à Nantes ! J’apprécie la diversité de la campagne charentaise avec ses parties viticoles et ses élevages.

« Car rien n’est impossible à Dieu » (1,37) est votre devise. Que signifie-t-elle ?

Ma devise est tirée de l’Évangile de Saint-Luc. Cet évangile a profondément marqué mon parcours. Après des études de médecine, j’ai senti l’appel à devenir prêtre en 1987. Lors de mon ordination épiscopale, en janvier 2016, j’ai été appelé sur cet Evangile. J’acceptais alors cette mission au nom de l’appel du Seigneur.

Pourquoi avez-vous créé un blason ? Que représente-t-il ?

J’ai travaillé l’image du blason avec un spécialiste de l’héraldique. L’idée est de dire ce que l’on est, ce que l’on représente. J’ai inscrit sur mon blason le logo des Foyers de charité, l’esprit créateur de la dimension charismatique, un croissant de lune, le fleuve Charente et un âne. J’ai aussi ajouté une citation de Marthe Robin : « Chercher Dieu, c’est la foi… le trouver c’est l’espérance… le connaître c’est l’amour…le sentir c’est la paix… le goûter, c’est la joie, le posséder, c’est l’ivresse…

Quels sont les atouts de votre diocèse ?

Le diocèse se caractérise par son histoire riche et la prospérité de ses 144 églises principalement romanes. Autre atout : nous sommes dans un diocèse à dimension humaine, pas dans une grande métropole. Géographiquement, nous sommes traversés par la Nationale 10 et par la Ligne à grande vitesse (LGV) qui relie Angoulême et Paris en 1h40.

Et ses faiblesses ?

La crise actuelle porte sur la baisse du nombre de pratiquants et sur la question des vocations. Je n’ai pas ordonné de prêtres depuis mon ordination (2016). Mais je suis allé dans le diocèse de Koudougou (Burkina-Faso), avec lequel nous sommes jumelés, pour ordonner des prêtres. Nous avons actuellement quatre séminaristes qui se préparent à la prêtrise dans le diocèse.

Le diocèse d’Angoulême, quels enjeux et quels défis ?

De nouvelles formes de vies d’églises doivent être mises en place. Nous étudions la possibilité d’offrir des temps de ressourcement au sein de la maison diocésaine en multipliant les conférences. Le défi est d’éviter le repli. Par exemple, en septembre dernier, j’ai participé à une table ronde du Congrès Mission avec Monseigneur Malle, évêque de Gap et Monseigneur Blaquart, évêque d’Orléans dont le thème était : « Evêque missionnaire ou gestionnaire de faillite » ? En tant qu’évêque, nous devons gérer des faillites et garder en parallèle cet esprit missionnaire. L’annonce de la parole de Dieu est essentielle. On ne doit pas se concentrer uniquement sur les soucis financiers (le denier, le manque de de prêtres ou de bénévoles…) Je suis de nature optimiste et plein d’Espérance. Je ne me fais pas de soucis pour demain. Nous sommes des coopérants et des coopérateurs. Nous recevons certes cet héritage et le transmettons. Certains sèment, d’autres récoltent. Je récolte ce que mes prédécesseurs ont pu semer. J’ai aussi à semer pour l’avenir.

Vous abordez la question de la gestion financière. En 2016, vous vous alarmiez des finances de votre diocèse que vous jugiez « préoccupantes ». Vous aviez d’ailleurs envoyé une lettre aux donateurs. Qu’en est-il de la situation financière aujourd’hui ?

À mon arrivée, cela a été un coup de découvrir le diocèse en grande difficulté économique. Nous devions redresser les finances. C’est comme si nous vivions au-dessus de nos moyens et que les ressources étaient trop faibles par rapport à nos réelles capacités. Nous avons dû réaliser des coupes budgétaires, vendre des biens et remplacer des postes. Nous n’étions pas déficitaires dans le bilan annuel mais le diocèse d’Angoulême n’avait pas de réserves. Nous partions vers la catastrophe. Aidés par des experts, nous avons pu redresser la barre financière et espérons rééquilibrer nos comptes pour 2020. Cela a demandé quelques sacrifices car nous souhaitions réaliser des travaux dans la maison. Nous sommes maintenant dans une phase d’investissement.

Niveau communication, vous êtes très présent sur les réseaux sociaux. Allez-vous vers une pastorale 2.0 ?

Les modes de communication évoluent et nous souhaitions y prendre part de manière active. Le service de la communication du diocèse produit des courtes vidéos sur des sujets d’actualité. La publication du journal diocésain a été arrêté car il coûtait cher financièrement et nous n’avions plus que 150 abonnés. Le « Le journal de de l’Eglise de Charente » est toujours distribué dans toutes les paroisses. Au moment du lancement de nos cinq doyennés, en 2018, nous avons renouvelé notre identité visuelle. Le logo et la charte visuelle sont plus dynamiques.

Quelles sont vos orientations diocésaines pour les dix années à venir ?

Avec le lancement de la démarche synodale, nous avons souhaité renouveler la « vie fraternelle » dans nos cinq doyennés. Par ailleurs, nous avons mis en œuvre six axes missionnaires sur la famille, la solidarité, les jeunes, la formation, la famille, la culture et la société. Pour chaque axe, nous demandons à nos cinq doyennés de se doter d’un projet pastoral. Nous sommes sur le mode de la subsidiarité.

L’axe des jeunes est très développé dans le diocèse à travers des actions de solidarité, des rencontres festives inter-générationnelles, des rencontres inter-religieuses et un café-bar associatif par et pour les jeunes….

Toutes ces initiatives pour accompagner les jeunes sont importantes. Il faut qu’ils trouvent leur place dans l’Église. Nous avons là une richesse à transmettre. C’est ce que souligne Saint-Paul dans les actes des apôtres : « lève-toi et marche ! » pour être acteur de sa propre vie. Dans le diocèse d’Angoulême, on s’investit largement dans l’enseignement catholique. Nous aimerions aussi faire évoluer le fonctionnement des aumôneries. Dernièrement, 80 jeunes de la Province de Poitiers ont célébré le temps d’un week-end des JMJ Panama pendant le Festival international de la bande-dessinée.

Comment plus développer l’axe « culture et société » ?

Nous avons ouvert dans l’ancienne chapelle du Carmel le « forum Magdalena ». Un lieu pour s’ouvrir sur le monde. Nous voudrions que ça serve de lieux de rencontre pour que l’Eglise soit dans une dynamique de dialogue. Le Forum Magdalena doit être synonyme de ressourcements, d’expositions et pourquoi pas de concerts ?

L’axe solidarité est aussi très important à vos yeux. Comment se faire plus proche des pauvres et des migrants ?

Nous allons ouvrir une maison à quarante kilomètres d’Angoulême où nous pourrons accueillir des pauvres à l’image du village Saint-Joseph en Bretagne. Une communauté qui accueille les personnes fragiles et démunies. Quant à la question migratoire, nous sommes dans un diocèse de passage. Au moment de l’évacuation totale de la jungle Calais, en octobre 2016, nous avons reçu cinquante migrants qui été envoyés par le biais des services nationaux à Ruffec et Confolens. L’important, c’est d’avoir les noms et les visages en face de soi car ce ne sont que des histoires particulières. Nous aidons les associations en prêtant nos locaux paroissiaux et d’accompagnons les migrants dans leurs démarches de régularisation (papiers administratifs, cours d’alphabétisation…) C’est un sujet que nous devons traiter avec sagesse, ni dans la peur ni dans la précipitation. C’est déterminant pour la paix dans le pays et pour l’Europe.

Au sein de la Conférence des évêques de France (CEF), vous êtes membre du groupe de bioéthique. Pourquoi être membre de ce groupe ?

J’ai été appelé dans le groupe de bioéthique car j’ai été médecin dans une autre vie. Avec Mgr Aupetit, nous avons le même profil et avons été formé au même moment. Mgr Pierre d’Ornellas est la cheville ouvrière de la bioéthique. Ce sont des sujets qui me paraissent très importants pour lequel j’ai rencontré les députés. Cela fait partie des défis que l’Église a à relever. Nous devons interpeller sur ces questions de société. Et savoir poser les bonnes questions. Nous avons organisé des soirées-débats : deux fois sur la procréation dans le diocèse d’Angoulême.

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