Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
https://angouleme.catholique.fr/Parole-a-notre-eveque-du-12-janvier-2019
        Parole à notre évêque du 12 janvier 2019

Parole à notre évêque du 12 janvier 2019

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • réagir
  • 0 vote

Alors que la révision de la loi de bioéthique est toujours en cours de réflexion, les évêques, dont Mgr Gosselin, poursuivent leur réflexion. A l’approche du festival international de la BD d’Angoulême, Bernard Baluteau a partagé avec l’évêque autour du sens de la BD chrétienne.


Mercredi 9 janvier, Mgr Gosselin retrouvait le groupe d’évêques et de théologiens qui travaille sur les questions de bioéthique. Ce groupe se réunit très régulièrement pour réfléchir et ont déjà publié des textes, par exemple sur la dignité de la procréation. Evêques et théologiens poursuivent leur travail et l’enrichissent toujours, d’autant plus dans le contexte actuel. « Il faut que le peuple chrétien continue à avoir ce souci de toutes ces lois en préparation », affirme l’évêque. La révision de la loi était prévue avant la fin 2018, elle a été reportée et ne sortira pas a priori avant l’été 2019. Ce temps supplémentaire permet ainsi une réflexion plus longue. Le groupe d’évêques et de théologiens a d’ailleurs récemment pu rencontrer le Conseil national d’éthique pour échanger.
Mgr Gosselin loue cette possibilité de laisser du temps avant la prise de décision. « C’est une sagesse qui est une spécificité française : les révisions des lois peuvent être vraiment sujet de réflexion. » Il faut en effet faire face aux progrès rapides et à la science qui avance toujours. Des questions fondamentales doivent continuer à se poser. En sollicitant le Conseil national d’éthique, les évêques se demandaient s’il existait des invariants...« comme une ligne rouge que nous n’avons pas envie de dépasser pour ne pas dénaturer l’homme, pour ne pas être contraire à ce que nous croyons profondément. J’insiste : il ne s’agit pas uniquement de nous en tant que chrétiens, mais aussi dans le débat public, nous n’allons pas mettre en avant la Bible. Mais c’est le bien de tout homme, de tous les hommes. Nous nous appuyons aussi sur la déclaration des droits de l’homme. »

« Des questions majeures de société sont vraiment posées »

La difficulté repose donc bien sur la rapidité des progrès scientifiques et sur le fait que les lois de bioéthique touchent de nombreuses dimensions. L’évêque cite le numérique, la robotique. Avec le groupe d’évêques et de théologiens, ils ont pu visiter un centre sur la génétique à l’hôpital Necker. 200 à 300 chercheurs y travaillent pour comprendre les causes de maladies chez les enfants et éventuellement trouver des traitements. Mais les scientifiques, les médecins, l’Etat s’interrogent sur la limite de cette recherche et de l’utilisation des embryons notamment. « Des questions majeures de société sont vraiment posées. Traditionnellement, la médecine est faite pour soigner, or elle est sollicitée aujourd’hui pour, entre autres, favoriser une procréation qui me permet d’avoir l’enfant que je veux avoir avec une sélection des embryons, avec une intervention dans la procréation humaine. La médecine ne soigne plus seulement l’infertilité, mais peut jouer un rôle dans la fertilité, la fécondation. »
Dans le monde, certains s’interrogent, se posent des questions, d’autres veulent toujours repousser les limites de la science et utiliser ce qui devient possible. Chacun est pourtant en droit de se demander : qu’est-ce que l’homme ? En France, le Conseil national d’éthique prend en compte aussi de la place des personnes handicapées, handicapées mentales. La société peut croire au fantasme de l’enfant parfait qui ne serait jamais malade. Mais la médecine sait qu’elle ne peut pas prévoir quel gène pourra vraiment donner à chaque fois une maladie avec certitude. « Encore une fois, de vraies questions d’éthique s’imposent. Il faut donner du sens à ce qu’on vit et trouver des moyens pour bien faire ce qu’on a à faire », précise l’évêque.
Mardi 15 janvier, l’Etat a lancé le grand débat national suite au mouvement des gilets jaunes. « Face aux frustrations, revendications, injustices, il faut favoriser un vrai débat. L’objectif est d’éviter la violence, l’incompréhension, l’incommunicabilité. Il faut se rencontrer, se parler, il y a un grand déficit », insiste Mgr Gosselin. L’Eglise a rapidement réagi. Le 11 décembre, la Conférence des évêques de France lançait son appel aux catholiques de France et à nos concitoyens pour inviter au dialogue. Les paroisses peuvent être des lieux de rencontre, d’expression, de partage autour d’attentes, de difficultés. « Que l’Eglise participe au débat national comme elle l’a fait pour la bioéthique. Je pense que dans le débat, nous sommes aussi au service de la société. Si nous pouvons ouvrir des lieux où les uns et les autres puissent se rencontrer, je pense que ce sera un bénéfice pour tous afin de favoriser une paix sociale », affirme Mgr Gosselin.

La BD : support d’évangélisation à travers la BD chrétienne

A 15 jours du Festival international de la BD, Bernard Baluteau, président de l’association BD chrétienne Angoulême, était l’invité de la deuxième partie de l’émission. Catholiques et protestants se mobilisent pour assurer une présence d’Eglise pendant cet événement. Au tout début un simple stand sous les bulles, puis progressivement un véritable programme avec des expositions, des animations à la Cathédrale puis à Saint-Martial et au temple. L’évêque d’Angoulême d’alors, Mgr Rol, avait demandé à ce qu’une présence chrétienne soit assurée au sein de ce qui était encore le Salon de la BD mais qui prenait de l’ampleur. La dimension oecuménique est véritablement forte dans la préparation et la mise en œuvre du programme de la BD chrétienne. « Je suis très heureux en tant qu’évêque de voir cette manifestation se faire dans le dialogue oecuménique. L’événement a lieu en plus pendant la semaine de prière pour l’unité des chrétiens », souligne Mgr Gosselin. Cette année, de manière très particulière, les Journées mondiales de la jeunesse se terminent le week-end du festival de la BD. Un rassemblement de jeunes de la province de Poitiers est ainsi organisé à Angoulême en présence de plusieurs évêques.
La bande dessinée peut être un support d’évangélisation à travers ce festival de la BD chrétienne. Cathédrale, église Saint-Martial et temple sont bien ouverts à tous. Bernard Baluteau reprend des mots de Bernadette Soubirous : « je ne suis pas chargée de vous faire croire, mais je suis chargée de vous dire. L’objectif de la BD, c’est dire. Cette année, les prix et mentions spéciales de la BD chrétienne peuvent concrètement porter cette dimension d’évangélisation. » Les valeurs humaines sont bien présentes dans ces albums comme dans ceux qui ont été primés aussi par le jury oecuménique. Le festival de la BD chrétienne permet donc de faire découvrir le travail de ces auteurs et leur approche.
« L’église Saint-Martial, ouverte en plein milieu de la rue piétonne, accueille toutes sortes de gens et heureusement pas que de chrétiens. C’est une occasion pour beaucoup de rentrer dans une église. Ils sont souvent surpris qu’une église soit consacrée à la BD », explique Bernard Baluteau. Depuis 3 ans, Mgr Gosselin découvre et apprécie ce que représente cet événement de la BD chrétienne. Lui-même aime ce support tout en reconnaissant ne pas être un connaisseur. « Pour défendre les valeurs chrétiennes, les auteurs ne sont pas obligés d’être dans une annonce explicite de l’Evangile. Dans les albums, je pense qu’on trouve de tout : toutes les idéologies, les excès... mais dans cette production si nombreuse, il est possible de trouver de quoi défendre l’homme et, en quelque sorte, il s’agit aussi de parler de Dieu. Nous parlons de l’importance du dialogue, de rencontrer nos contemporains dans leurs soucis, dans leur recherche. De toute façon, nous sommes tous en recherche. Je pense que ce festival de la BD est une belle proposition de rencontre », conclut l’évêque.

Erica Walter

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

adresse Mgr Hervé Gosselin
Secrétariat : 05 45 91 86 89
226, rue de Bordeaux
16000 Angoulême
Mgr Gosselin
Secrétariat de Mgr GOSSELIN

NB : Les mails envoyés à l’adresse eveque chez dio16.fr ne sont plus consultés





-