Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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        Parole à notre évêque du 15 décembre 2018

Parole à notre évêque du 15 décembre 2018

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Mgr Gosselin a pris le temps de développer le sens et l’importance de l’appel de la Conférence des évêques de France. Il est une conséquence du mouvement des gilets jaunes. Anne-Marie Galiché, pour les Scouts et Guides de France, a pu, elle, insister sur la force de la lumière de Bethléem accueillie le 16 décembre.


Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a officiellement lancé un appel le 11 décembre. Un appel aux catholiques de France et à nos concitoyens, qui intervient en lien avec ce que révèle le mouvement des gilets jaunes. « L’idée est de pouvoir sortir de cette crise. Il peut y avoir, dans chaque crise, une opportunité à pouvoir rétablir des dimensions importantes comme peut-être la justice sociale ou le dialogue. Il existe aussi des décisions gouvernementales. Le conseil permanent de la Conférence des évêques de France a repris le contenu d’une petite brochure, datant d’octobre 2016, avec une invitation à retrouver le sens du politique. Voilà notamment ce qui était écrit : il faudrait être sourds ou aveugles pour ne pas nous rendre compte de la lassitude, des frustrations, parfois des peurs et même de la colère, intensifiées par les attentats et les agressions, qui habitent une partie importante des habitants qui expriment ainsi des attentes et des profonds désirs de changements. Deux ans plus tôt, ce constat se faisait de façon un peu larvée et peut-être étouffée parce qu’il n’y avait pas forcément de lieu d’expression. »
« L’aspect positif de ce mouvement des gilets jaunes, de ce que j’ai pu suivre, réside dans le fait que les gens se retrouvent et peuvent exprimer aussi des difficultés. Je pense à une mère seule avec ses enfants qui a du mal à boucler ses fins de mois : le fait de rencontrer du monde pour ne pas vivre cette situation dans la solitude est très important. La parole doit être donnée sans cesse à chacun et particulièrement à ceux qui sont plus pauvres ou dans une forme de précarité. En s’appuyant sur ce constat des difficultés, les évêques indiquent qu’il y a peut-être un déficit de rencontres. Les causes sont multiples et il ne s’agit pas simplement de la politique. Je crois que l’individualisme fait que nous sommes chacun plus chez nous devant les écrans. Ils nous mettent en connexion avec le monde, les informations, et en même temps, ils nous font nous replier. Il n’est pas possible de penser qu’une juste communication se fait lorsqu’il y a un isolement dans ce type de comportement. Peut-être qu’il manque donc des espaces pour permettre un dialogue. Nous réfléchissons actuellement. Cette réflexion fait partie de nos orientations diocésaines : se dire que l’Eglise soit ouverte, soit un lieu de dialogue. Il ne suffit pas simplement de proposer des conférences où nous attendons, où nous entendons quelque chose, mais il faut que les chrétiens puissent se rencontrer et aussi avec des croyants d’autres religions et des personnes qui ne croient pas, parce que nous avons aussi des richesses à partager », affirme Mgr Gosselin.

« Une invitation à créer des espaces... »

Le diocèse cherche à diffuser l’appel du Conseil permanent à tous les chrétiens. « De manière très concrète, les évêques nous invitent à mettre en place des espaces de parole. Les milliers de paroisses en France, avec des mouvements, des aumôneries, des associations permettent aux chrétiens et aux citoyens de se retrouver pour construire ensemble. La dimension de paroisse est essentielle. Le Conseil permanent parle d’un lieu de travail, un lieu liturgique mais qui doit être aussi, selon le texte de Jean-Paul II, une maison de famille fraternelle et accueillante pour tous. Je pense que faire grandir la fraternité nécessite d’avoir des espaces que peut-être l’Eglise peut offrir. Quelle est la contribution nécessaire que doit apporter l’Eglise pour permettre vraiment un climat de fraternité ? Le texte du Conseil permanent des évêques comporte une invitation à créer ces espaces. Comment allons-nous faire en Charente ? Le conseil épiscopal n’est pas forcément le décideur, il faut compter sur des initiatives de la base. »
« Comment pouvons-nous nous approprier ce texte ? Pas dans six mois ! Le texte dit : « dans les semaines à venir » avec une urgence liée à la situation et à la question autour du bien commun. Qu’est-ce qui pourrait favoriser la participation de tous aux décisions concernant tout le monde ? C’est un peu la réponse de l’Eglise à la situation actuelle qui entend le cri de personnes désespérées et qui déplore des comportements qui ne sont pas admissibles dans une société où nous voulons nous respecter les uns les autres. Nous sommes en plus dans un contexte d’attentat. Le terrorisme, par définition, agit n’importe quand, n’importe où... Il faut aussi que nous soyons solidaires, que nous ayons l’esprit de corps, ce qui ne veut pas dire que nous pensons tous pareil. La diversité est nécessaire dans une société, dans l’Eglise comme elle peut exister en famille », souligne l’évêque.

« Maintenir cette présence d’Eglise, de prière »

Samedi 15 décembre, une messe était célébrée à Saint Sornin, près de Montbron, une initiative voulue par les équipes du Secours catholique et les prêtres. Ce secteur a été violemment touché par la grêle début juillet. « J’étais passé 24 ou 48h après et j’avais été très marqué par les destructions matérielles, heureusement il n’y avait pas eu de victimes. J’avais eu l’occasion de rencontrer le maire, qui avait pu m’exprimer les difficultés dans l’urgence, et aussi quelques personnes sinistrées. Depuis, le point d’attention de l’Eglise a été de maintenir cette présence d’Eglise, de prière. J’espère que dans tous les coins du diocèse, nous avons été solidaires et je pense que les sinistrés ont apprécié de pouvoir être soutenus par des associations chrétiennes ou non. J’avais exprimé ce désir d’aller à Saint-Sornin, un peu à distance. Comme tout n’est pas réparé, cette messe permet aussi d’encourager et de dire : vous n’êtes pas seuls. L’Eglise est là aussi avec ses moyens. En ce temps de Noël, nous allons allumer la lumière de Noël, se la passer, la porter pour que la petite flamme espérance puisse vivre particulièrement dans tous les lieux où il y a eu des catastrophes, où on est inquiet pour la suite.
Le dimanche 16 décembre, la Lumière de Bethléem était accueillie à Soyaux au Centre Madeleine Delbrêl. Dans la deuxième partie de l’émission, Anne-Marie Galiché, responsable du groupe Scouts et Guides de France Charles de Foucauld à Angoulême, était donc l’invitée. Cette lumière est allumée fin novembre dans la grotte de la Nativité puis emmenée en Autriche où des scouts se la transmettent en signe de paix, de fraternité. Les Charentais vont la chercher tout simplement à Paris pour la ramener dans le diocèse. « Nous pouvons tous être artisans de paix à travers le monde. Elle est portée partout par des scouts du monde entier », précise Anne-Marie Galiché. La cérémonie autour de la Lumière de Bethléem veut rassembler le plus possible, avec des musulmans, des protestants et des élus. En même temps, une crèche est aussi inaugurée dans la rue. Pour Mgr Gosselin, « c’est l’occasion pour tous les habitants du Champ de Manoeuvres à Soyaux de passer devant une crèche. C’est beau parce qu’elle est bien respectée comme symbole chrétien. Je crois que la lumière permet d’arriver à vivre ensemble. Nous parvenons à le faire lorsqu’un événement est fédérateur. Pour nous chrétiens, autour de la crèche, quelque chose devient possible. Nous parlons beaucoup de la lumière du Ressuscité. Mais je crois que Noël, c’est quand même un peu la fête de la lumière. Je crois que cette flamme qui vient de Bethléem est un beau signe. »

Erica Walter

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adresse Mgr Hervé Gosselin
Secrétariat : 05 45 91 86 89
226, rue de Bordeaux
16000 Angoulême
Mgr Gosselin
Secrétariat de Mgr GOSSELIN

NB : Les mails envoyés à l’adresse eveque chez dio16.fr ne sont plus consultés





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