Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Père François de Gaulle, missionnaire d’Afrique

Père François de Gaulle, missionnaire d’Afrique

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Hommage d’Emmanuel Grassin d’Alphonse au Père François de Gaulle décédé ce 2 avril 2020


Le père François de GAULLE, missionnaire Père Blanc, nous a quitté le 2 avril. Je voudrais témoigner de ce qui m’as marqué chez lui, et en particulier de son cœur de missionnaire.

En 1981-83, j’ai passé deux ans au presbytère de la paroisse Cathédrale de KOUDOUGOU en Haute Volta (actuellement Burkina Faso), dont le Père François de GAULLE était le curé. Il était dans sa 60e année, et j’avais 22 ans. Je faisais mon service national dans la coopération. J’étais séminariste pour le diocèse d’Angoulême. Mon évêque, Mgr ROL, avait proposé ma candidature à Mgr BAYALA, l’évêque de KOUDOUGOU pour remplacer un coopérant qui arrivait en fin de période. J’ai été professeur de mathématiques au petit séminaire de KOUDOUGOU et au service de l’aumônerie des collèges de la ville. Le désir des deux évêques était de faire vivre le jumelage entre « l’Eglise de Dieu à ANGOULEME » et « l’Eglise de Dieu à KOUDOUGOU ». Ce jumelage était né pendant le concile Vatican II. Après une période d’échanges entre évêques, il était temps qu’il y ait des échanges de prêtres et de séminaristes. Plus tard il y aura des échanges directs de paroisse à paroisse.

En septembre 1981, le Père de GAULLE est venu m’accueillir à l’aéroport de OUAGADOUGOU. Avec sa 2CV, nous avons pris « le » goudron pour rentrer à KOUDOUGOU. À l’époque la seule route goudronnée était celle reliant Ouagadougou, Koudougou et Bobo-Dioulasso, les trois grandes villes de Haute-Volta. Le pays faisait alors 7 millions d’habitants. La population a triplé depuis, et s’est beaucoup développé.

Sur le chemin de retour vers KOUDOUGOU, le père de GAULLE me montre les villages, les cases…Nous passons devant KOKOLOGHO (actuellement jumelé avec BARBEZIEUX dont je suis originaire). Il m’explique qu’en 1950, alors qu’il était jeune vicaire à la cathédrale de KOUDOUGOU, il faisait les 40 km en vélo entre KOUDOUGOU et KOKOLOGHO pour rencontrer la communauté chrétienne qui était animé par un catéchiste. Il m’explique sa grande joie de constater que l’Évangile a pris racine en Haute-Volta. Il constate que l’Eglise locale est en train de naître, de grandir et de se structurer.

Au cours de ces 2 ans, j’ai pu parcourir la brousse avec le Père de GAULLE et sa 2CV. J’ai vu de mes yeux et de mes oreilles l’attachement des villageois à leurs missionnaires.

Les premier missionnaires Pères Blancs arrivés en Haute Volta (1905) se sont plongé dans la culture du pays où ils étaient envoyés. Ils ont déchiffré les langues locales, établi des dictionnaires, pour enfin pouvoir parler de jésus aux gens dans leur propre langue maternelle. Lors des indépendances, les missionnaires étaient clairement perçus par la population locale comme étant de leur côté, et non pas du côté du pouvoir colonial.

L’encyclique « Populorum Progressio » (1967, juste après Vatican II), a rendu hommage aux missionnaires qui sont « au service généreux et désintéressé de ceux qu’ils évangélisent » (PP12). Le Père de GAULLE était de ceux-là. Il avait une solide expérience de gestion : économe diocésain, puis économe de l’ensemble de la province Pères Blancs de France. Il a mis ses talents au service du développement des villages des paroisses où il était nommé. Le nombre de puits, de dispensaires, de services de protection maternelle et infantile qu’il a construit est impressionnant. Je témoigne que ces structures étaient ouvertes à toute la population du village : animistes, chrétiens, musulmans. Il a aussi construit beaucoup d’églises parce que la communauté chrétienne augmentait très vite. J’ai été témoin de voir dans chaque paroisse à Pâques, des nouveaux baptisés adultes par centaines qui venaient de suivre quatre ans de formation avant d’être admis au baptême. Je suis aussi témoin que l’essentiel de la motivation du Père de GAULLE était d’abord de « faire connaitre Jésus Christ ». Dans ce pays animiste, où Dieu est partout, mais où l’individu est sous la coupe des « ancêtres », l’Evangile était, et est encore, une bonne nouvelle : « j’ai du prix aux yeux de Dieu ».

J’ai aussi été témoin de l’humilité des missionnaires Pères Blancs. Pour faciliter l’indigénisation de l’Eglise locale, j’ai vu un Père Blanc, vicaire général, consentir à devenir vicaire d’un jeune prêtre Africain.

Mon chemin n’était pas d’être prêtre. Il reste que les 2 ans que j’ai passés au Burkina Faso ont été un tournant dans ma vie d’homme et de chrétien. Je le dois en particulier à la passion qui animait le Père François de GAULLE, et tous ses confères Pères Blancs. Merci Père de GAULLE, que Dieu vous bénisse !

Emmanuel Grassin d’Alphonse

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