Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Poésies partagées

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Poésies et méditations partagées par les paroissiens de Notre-Dame des Sources


Pour continuer à enrichir les liens dans notre communauté et à garder le contact (à distance) les uns avec les autres, l’EAP invite chacun à partager des "les belles phrases".
Nous les publierons au fur et à mesure.

Invitation de Jean Paul

Vous pouvez écouter un conte/légende de Charente chaque jour pendant 2 semaines du lundi et vendredi sur RCF après le journal de 12 h (donc vers 12h05/10). Durée 4 à 6 minutes.
RCF à Angoulême : longueur d’onde 96,8

https://rcf.fr/culture/livres/contes-et-legendes-de-charente

Chaque jour un conte différent soit 10 contes au total.

Également accessible en lecture et même en audio au rythme de 2 par semaine sur le site du diocèse :
https://angouleme.catholique.fr/-Bonnes-idees-

Texte proposé par Marie-Thèrèse

Notre pain quotidien

Je me suis félicitée de vivre à la campagne lorsque j’ai appris ce qui était désormais inévitable – comme pour les Chinois, les Italiens et les Espagnols avant nous. Nous aussi, tous, absolument tous, nous allions devoir rester rigoureusement à demeure. J’ai alors songé à mon privilège. J’avais une maison entourée d’espaces, de ciel. Qu’importait le nombre de proches au mètre carré sous ce toit, puisque à tout moment chacun d’entre nous pouvait en sortir pour respirer sans mettre la vie d’un étranger en danger ? Mais ceux qui restaient dans les banlieues, dans les barres d’immeubles, dans des appartements surchargés d’enfants ? Ceux qui n’avaient rien d’autre où aller que le studio de 20 m2 qui semblait hier encore, parce qu’en centre-ville, un luxe d’espace ? Comment ne pas songer à eux tous, dans cette promiscuité radicale que ne connaissent que les prisonniers, encore que ceux-ci n’aient même pas le choix d’élire leurs compagnons de cellule ? Comment ne pas souffrir pour eux ? Ne pas compatir avec d’autant plus de prières que j’étais ici, au plus profond de la campagne, et en bonne santé jusqu’à preuve du contraire ? Ici, j’avais l’inépuisable recours du jardinage lorsque j’étais fatiguée d’écrire. Je pouvais me contenter d’être assise sur le seuil de ma porte, ma tasse de thé tiédissant dans la main, à contempler les Pyrénées ; me réjouir du paysage printanier et ne plus me soucier de l’heure – d’ailleurs, à quoi servaient dorénavant les montres et les agendas ? Tout se déroulait comme si j’étais en vacances, ou comme lorsque nous étions en vacances et pourtant, autour de moi, il y avait quelque chose de différent, d’anormal. Quelque chose dans le décor, qu’avait provoqué l’arrêt de toutes les activités humaines, s’était métamorphosé et j’en faisais l’expérience inouïe, inépuisable, que jamais je n’aurais cru possible de vivre : il n’y avait plus un bruit.

C’était tellement étrange de ne plus entendre de voitures sur les routes, de tracteurs dans les champs ni, de loin en loin, de ces moteurs toujours grondants des machines agricoles. Même le ciel, d’habitude labouré par des réacteurs d’avions en partance pour d’autres continents, même le ciel était muet. Quel silence humain incroyable, si profond que j’entendais comme au concert le pépiement des oiseaux, les mésanges et les moineaux, les pies et les loriots. Je percevais chacune de leurs modulations et, de temps à autre, le chant mat et court des grenouilles. Aucune voix non plus ni de rumeur du hameau voisin, mais les sons imperceptibles de la nature en vie : le passage invisible d’un animal dans un fourré, la croissance ténue de l’herbe, un frôlement d’aile. Dans la soirée, j’ai pris ma bicyclette, j’ai roulé sur l’asphalte désert des toutes petites routes, personne non plus à perte de vue, et cette absence avait quelque chose de proprement vertigineux. J’avançais dans l’immobilité. Ce sentiment me frappa plus encore que le spectacle que j’avais visionné la veille, des canaux, des places et des rues déserts de Venise.

Et d’un seul coup, quoique consciente de ma chance d’être là, à me mouvoir dans ce vide, émue par la tessiture somptueuse du silence, j’ai été prise d’une brève angoisse. D’où venait ce malaise ? J’avais ceux que j’aimais à portée de main, de l’air et de l’espace en abondance. Je suis rentrée en pédalant à toute force, troublée. C’est alors que mon téléphone a sonné. La brusque nostalgie dans quoi m’a plongée la voix lointaine de mon amie, m’a révélé la raison de mon instant de déréliction. Les autres, tous les autres, l’ami intime ou l’inconnu qu’on croise par hasard me manquaient, dans l’interdiction où j’étais dorénavant de les toucher, de les embrasser, de cheminer avec eux, de leur parler face à face, de me réjouir ou de compatir avec eux, les yeux dans les yeux, dans la rue comme à l’église. Je me suis alors souvenue de la tristesse et du mutisme que j’avais relevés en cette matinée historique du mardi 17 mars, sur le visage des gens que j’avais croisés à bonne distance en faisant mes courses, avant notre réclusion imminente. Nous réalisions tous que ce lien tangible, physique que nous avions parfois peu considéré, ou mal supporté, ou bien ignoré, ce lien permanent avec le reste de l’humanité nous était brutalement retiré. Nous prenions conscience que s’il y avait un instinct égoïste de conservation chez chacun d’entre nous, il y a aussi et surtout le besoin vital des autres êtres parmi lesquels chacun d’entre nous se meut.

« Notre Père, qui es aux Cieux, donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien », nous a appris à réciter, ensemble, Jésus. Il était donc là, ce pain de chaque jour, dans cette promesse toujours renouvelée, toujours offerte, toujours lumineuse de la rencontre avec l’autre, de la communion avec celui qui vient à nous, avec tous les autres dans l’amour que nous leur devons. Ce pain dont nous avions brutalement la faim et la nostalgie, – l’eucharistie."

Christiane Rancé

De la part de Marie-Thérèse

Je vous partage ce beau témoignage recueilli dans " Carême dans la ville".
Merci pour ce lien de communication précieux et fraternel.

La compassion du Père
En Lombardie, un médecin athée a été bouleversé par le témoignage d’un prêtre de 75 ans se dévouant jusqu’à donner sa vie pour les malades. Il témoigne : « À partir de maintenant et jusqu’au dernier souffle de ma vie, je vais me consacrer à aider les autres. Je suis heureux d’avoir rencontré Dieu grâce à ce prêtre, en plein milieu de la souffrance et la mort de mes patients. Dieu est là, l’espoir est là » Ce médecin a vu la compassion du Père.

frère Yves Habert, op
directeur de Retraite dans la ville

de la part de Pierre : 

Permettez-moi d’oser offrir une comparaison entre le don qui nous est offert par tous les textes joints et les lignes suivantes extraites d’un ouvrage ancien de Christian Bobin :

Vous m’avez offert un bouquet de sept roses...
après le soir elles se referment sur votre absence...
elles contiennent autant l’infini que votre présence.

de la part de Laure : 

Moustapha Dahleb la plus belle plume tchadienne, a écrit :

L’HUMANITÉ ÉBRANLÉE ET LA SOCIÉTÉ EFFONDRÉE PAR UN PETIT MACHIN.

Un petit machin microscopique appelé coronavirus bouleverse la planète. Quelque chose d’invisible est venu pour faire sa loi. Il remet tout en question et chamboule l’ordre établi. Tout se remet en place, autrement, différemment.
Ce que les grandes puissances occidentales n’ont pu obtenir en Syrie, en Lybie, au Yemen, ...ce petit machin l’a obtenu (cessez-le-feu, trêve...).
Ce que l’armée algérienne n’a pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (le Hirak à pris fin).
Ce que les opposants politiques n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (report des échéances électorales. ..).
Ce que les entreprises n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu (remise d’impôts, exonérations, crédits à taux zéro, fonds d’investissement, baisse des cours des matières premières stratégiques. ..).
Ce que les gilets jaunes et les syndicats n’ont pu obtenir, ce petit machin l’a obtenu ( baisse de prix à la pompe, protection sociale renforcée...).

Soudain, on observe dans le monde occidental le carburant a baissé, la pollution a baissé, les gens ont commencé à avoir du temps, tellement de temps qu’ils ne savent même pas quoi en faire. Les parents apprennent à connaître leurs enfants, les enfants apprennent à rester en famille, le travail n’est plus une priorité, les voyages et les loisirs ne sont plus la norme d’une vie réussie.
Soudain, en silence, nous nous retournons en nous-mêmes et comprenons la valeur des mots solidarité et vulnérabilité.
Soudain, nous réalisons que nous sommes tous embarqués dans le même bateau, riches et pauvres. Nous réalisons que nous avions dévalisé ensemble les étagères des magasins et constatons ensemble que les hôpitaux sont pleins et que l’argent n’a aucune importance. Que nous avons tous la même identité humaine face au coronavirus.
Nous réalisons que dans les garages, les voitures haut de gamme sont arrêtées juste parce que personne ne peut sortir.
Quelques jours seulement ont suffi à l’univers pour établir l’égalité sociale qui était impossible à imaginer.
La peur a envahi tout le monde. Elle a changé de camp. Elle a quitté les pauvres pour aller habiter les riches et les puissants. Elle leur a rappelé leur humanité et leur a révélé leur humanisme.

Puisse cela servir à réaliser la vulnérabilité des êtres humains qui cherchent à aller habiter sur la planète mars et qui se croient forts pour clôner des êtres humains pour espérer vivre éternellement.
Puisse cela servir à réaliser la limite de l’intelligence humaine face à la force du ciel.

Il a suffi de quelques jours pour que la certitude devienne incertitude, que la force devienne faiblesse, que le pouvoir devienne solidarité et concertation.
Il a suffi de quelques jours pour que l’Afrique devienne un continent sûr. Que le songe devienne mensonge.
Il a suffi de quelques jours pour que l’humanité prenne conscience qu’elle n’est que souffle et poussière.

Qui sommes-nous ? Que valons-nous ? Que pouvons-nous face à ce coronavirus ?
Rendons-nous à l’évidence en attendant la providence.
Interrogeons notre "humanité" dans cette "mondialité" à l’épreuve du coronavirus.
Restons chez nous et méditons sur cette pandémie.

Aimons-nous vivants !

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