Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Retour sur le "Congrès mission"

Dans le sillage des Orientations diocésaines "Pour que rien ne se perde", une dizaine de charentais ont participé au "Congrès mission" du 28 au 30 septembre à Paris. Retour sur une expérience forte et enrichissante.


Du vendredi 28 au dimanche 30 septembre 2018, le Congrès Mission a réuni le temps d’un week-end 3500 chrétiens pour réfléchir ensemble à l’évangélisation et donner les moyens concrets de proposer la foi toujours et partout.

Geoffroy Blanc, Sr Anne-Marie Mabon et le Père Patrice Zoma partagent leur expérience.

Un « Congrès Mission » qui porte bien son nom.

Arrivé tardivement vendredi soir, j’ai débuté ce congrès à genoux devant le Saint-Sacrement. Notre évêque s’est fait alors l’instrument de Jésus pour bénir l’assemblée, puis il est sorti en compagnie de l’Epoux pour rejoindre ceux qui dehors (dans la nuit) attendent sans le savoir la visite du Sauveur, Lumière du Monde. A peine le congrès était-il lancé que la mission commençait…
Samedi matin, j’ai assisté à une conférence édifiante ayant pour thème : « Comment évangéliser quand l’Eglise est entachée par le péché ? » Après le témoignage poignant d’une femme ayant subi des viols à l’âge de 6 ans, Jean-Pierre Denis (La Vie), Céline Hoyeau (La Croix) et le P. Nicolas Buttet (Fraternité Eucharistein) nous ont partagé leurs réflexions sur ce sujet d’actualité. J’en retiens notamment :
- Une anecdote relatée par Jean-Pierre Denis. Une femme est venue juste avant la conférence pour s’enquérir du thème. « L’Eglise défigurée » lui a-t-on répondu. « L’Eglise défigurée ? C’est pas moi ! » s’est-elle exclamée en retour. Mais pourtant si, notait Jean-Pierre Denis. Et c’est le point de départ de l’évangélisation aujourd’hui. Nous sommes appelés à la sainteté. Mais pas de sainteté sans conscience de notre fragilité. Pas d’évangélisation sans travail de vérité. Pas d’évangélisation sans humilité. Pas d’évangélisation sans proximité.
- On ne fait pas de mal à l’Eglise en l’aidant à faire la vérité sur elle-même.
- Le drame de notre monde est pélagien et gnostique.
- Une question : quel mode de relation avons-nous dans l’Eglise ?
- Une prière – celle de Salomon – avoir un coeur qui sache écouter.

Lors de la messe de 11h à l’église Saint Sulpice, deux choses m’ont marqué particulièrement : l’homélie de Mgr Aupetit, pleine d’ardeur missionnaire, de profondeur et de sincérité, et la prière des laïcs pour leurs prêtres, diacres et évêques, supplication ardente, témoignage de confiance et signe de l’Amour répandu dans les cours par le Saint-Esprit.
Le déjeuner de la délégation charentaise a été un agréable moment de pause et de partage, mais il a fallu – avec joie mais trop vite – repartir pour les ateliers.
Trois ateliers ont occupé mon après-midi, tous aussi riches et passionnants. Le premier s’intitulait : « Vision et outils concrets pour un accueil missionnaire en paroisse ». J’en suis ressorti avec une foule d’idées pour mettre en place l’accueil dans notre paroisse, et partager ces idées avec les autres paroisses du doyenné et du diocèse. Le second présentait la mission paroissiale en milieu rural avec les WEMPS. Il me tarde de relater son contenu à l’EAP tant je crois qu’une telle initiative pourrait apporter à notre communauté. Enfin, le dernier auquel j’ai assisté parlait des cellules paroissiales d’évangélisation. Je connaissais déjà le principe mais les témoignages étaient très éclairants et la dynamique de croissance (dans la foi, humaine et
numérique) associée aux cellules demeure source d’émerveillement et d’inspiration pour moi.
Obligé de rentrer à l’issue des ateliers pour être présent à la messe de rentrée paroissiale le lendemain matin, je rends grâce à Dieu pour ce temps de renouvellement missionnaire et espère que l’an prochain notre délégation charentaise sera plus nombreuse encore. Sur le chemin du retour, à la gare Montparnasse, j’ai rencontré Archimède, jeune sénégalais affable avec lequel le P. Patrice et moi-même avons pu échanger autour de notre foi en attendant le train. « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. » (Mc 16, 15) disait Jésus aux Onze. La mission nous attend.

Geoffroy, membre de l’EAP de ND des 7 clochers


Vendredi 14h. Le congrès mission s’est ouvert avec la rencontre « spéciale prêtres » dont l’effectif des participants avoisinait 130. Les échanges des animateurs avec les ministres ordonnés ont porté sur le thème : « Renouveau missionnaire et implantation d’églises : effet de mode ou vision prophétique »
Le renouveau missionnaire s’opère à partir de la prière, fondement et fécondité de la mission. Le Seigneur est toujours présent sur le terrain pastoral quel qu’il soit. Il faut en être convaincu et rassuré, et surtout il y travaille. Alors il suffit de savoir susciter les forces vives sur place pour que chacune s’implique davantage dans l’activité missionnaire. Le plus important dans le renouveau missionnaire étant de tendre vers l’essentiel qui aujourd’hui consiste à ne pas négliger d’aller chercher le plus éloigné ; pas éloigné seulement géographiquement mais aussi de Dieu, de l’Eglise ou des autres.

Samedi 9h. La conférence « Quels processus pour l’implantation et le renouvellement d’églises » a fait ressortir les éléments fondamentaux de tout le processus indispensable à l’implantation et au renouvellement d’églises. Le premier élément : se mettre en posture d’écoute du Seigneur qui part de l’existant (et c’est aussi tout le sens de l’incarnation). Deuxième élément : l’activation de toutes les cellules missionnaires existant dans une paroisse (vieux, jeunes, enfants, groupes spécifiques humains…). C’est intéresser tout le monde et s’intéresser à tout le monde, coopérer avec tous. C’est une forme de solidarité et de solidité dans la mission. Troisième élément : favoriser ou créer une culture de l’émerveillement, de l’ouverture (parole à chacun). Savoir regarder avec un sens missionnaire, avec les yeux du Seigneur qui fait toutes choses nouvelles par la force de l’Esprit Saint. Savoir admirer, favoriser et encourager les initiatives.

Ateliers. Comment curé et paroissiens sont devenus disciples missionnaires ?
Pour y arriver il convient de sortir de la pastorale de l’entretien, de l’ordinaire, pour avoir une vision missionnaire. Cette vision missionnaire consiste à créer des chemins possibles de conversion pour tous (chrétiens pratiquants comme ceux qui ne viennent plus à l’église). Quelques suggestions pour être missionnaires ensemble : 1) former une communauté priante, ensemble et pas uniquement individuellement ; 2) faire faire une expérience missionnaire aux chrétiens ; 3) avoir des temps forts missionnaires de porte à porte ; 4) créer des fraternités missionnaires.

Ateliers. 4 clés pour transformer la messe dominicale en messe missionnaire
Ces quatre éléments découlent du fait que la messe est souvent perçue comme ennuyeuse et qu’il faut que les chrétiens soient convaincus que ce qu’ils vivent est extraordinaire et qu’ils doivent en parler. Le public cible c’est surtout les chrétiens qui ne viennent pas à l’église, pour les y intéresser il faut soigner :
1- L’accueil : former une bonne équipe d’accueil, savoir qui y mettre, assurer l’accueil avec un cœur de pasteur et non pas comme en marketing, s’intéresser aux personnes et à leurs noms
2- La musique : savoir choisir les instruments de musique qui intéressent ceux qui viennent à l’église (pas forcément l’orgue). Le but de ces instruments étant de soutenir le chant de l’assemblée.
3- La beauté de la liturgie : trouver les gestes, les paroles, qui conviennent et qui touchent les cœurs. La liturgie étant le sommet de la vie chrétienne.
4- L’homélie : chercher à donner au peuple de Dieu des homélies qui puissent changer leurs vies, transformer leurs cœurs, et pas forcément des homélies théologiques « au-dessus du peuple » ou qui n’intéressent pas le peuple.

P. Patrice Zoma, curé de ND des 7 clochers, St Cybard & St Yrieix


CONGRES MISSION , « une plate-forme ou les gens peuvent trouver du carburant pour la Mission ». 

Selon Arnaud Bouthéon l’un des fondateurs, l’objectif prioritaire de cet événement est de « réfléchir ensemble à l’évangélisation » et de « donner des moyens concrets de proposer la foi toujours et partout »
Evangéliser, oui, mais la société attend-elle encore quelque choses des chrétiens ?« Ce sont les minorités créatives qui déterminent l’avenir. En ce sens l’Eglise catholique doit être vue comme une minorité créative possédant un héritage de valeurs…pas des choses du passé mais une réalité très vivante et actuelle ». C’est par ces mots de Benoit XVI, qu’Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du journal La Croix a choisi d’introduire cette table ronde. L’avenir appartient aux minorités créatives.
Alors, comment développer la créativité ? Les ateliers proposés aux participants pour réfléchir à la mise en place d’une dynamique paroissiale nous y invitent.

Personnellement j’ai participé à 3 ateliers
« Une paroisse saisie par « Eglise verte »
50 Minutes pour parler d’écologie, c’est trop peu ! Trois points importants  :
La Bonne Nouvelle qu’est « Laudato Si », document à lire et relire pour s’en imprégner. Ne pas le faire seul, mais s’organiser en paroisse en s’appuyant sur les réseaux déjà existants autour de nous. Voir ce que font les autres diocèses pour s’en inspirer. Associer à notre démarche, tout homme de bonne volonté que ce texte interroge.
Le label « Eglise verte » c’est une méthode d’évangélisation indirecte. « Tout est lié », environnement, paix, justice, culture, attention à la vie … même cause. Prendre conscience de la beauté du monde qui nous entoure, admirer la nature, la protéger, apprendre à vivre avec elle. La terre « notre maison commune » avec laquelle nous partageons l’existence, « crie en raison des dégâts que nous lui causons », elle « gémit en travail d’enfantement » Rom 8 ,22 ; Cf Laudato Si N°2.
Le label « Eglise verte »intéresse tout groupe, il n’est pas réservé aux paroisses. Ecoles, associations, institutions, communautés, etc.… doivent aussi se sentir concernées. Pour se lancer dans la démarche voir le site « Eglise verte ».

« Eglise, que fais-tu du rural ? »
Comment évangéliser le monde rural ? Il y a urgence pour l’Eglise de s’investir dans le monde rural. On évoque souvent les difficultés pour le rejoindre, pour le Père Alexis de Brebisson du Pôle Missionnaire d’Argentan (40 lieux de prière), des moyens, des points d’appui existent autant qu’en ville, il faut savoir les découvrir.
Trois termes importants à retenir concernant le monde rural :
Lucidité sur le manque d’intérêt des gens pour ce qui se vit, se passe dans l’Eglise ; sur la déchristianisation des campagnes, la perte de la foi. Cette lucidité peut nous donner une certaine liberté pour parler de Jésus.
Proximité, en campagne, très vite tout le monde se connaît, on note une grande facilité pour rencontrer les gens, connaître et être connus. Selon les charismes des paroissiens, très rapidement il est facile d’organiser des rassemblements et autres…
Cette proximité nécessite de sortir de chez soi, chercher à s’insérer dans le tissu local, s’intéresser, participer à la vie du pays, des villages…
Visibilité, En général regard bienveillant vis-à-vis de l’Eglise, mais ce qui compte c’est l’Eglise de « mon » village, pour y vivre les célébrations : mariage, baptême, obsèques, pas dans le village d’à côté. Il y a là un grand terrain d’évangélisation. Vivre la rencontre, s’efforcer de connaître l’histoire culturelle du village pour s’en inspirer. Favoriser la convivialité. S’appuyer sur ce qui se faisait, revaloriser les pardons, les rassemblements autour d’une statue, d’une fontaine, d’un calvaire … cela peut être l’occasion de remettre de la vie au village. Les Rogations, occasion d’un rassemblement, permettent par exemple d’atteindre des personnes qu’on ne voit plus à l’Eglise.
Très souvent faire appel à quelqu’un pour un service d’Eglise, c’est l’honorer et la réponse est positive.

« Groupes de prières dans les clochers »
Comme notre âme pleine de Dieu donne la vraie vie à nos corps, la prière donne la vie à nos églises et peut faire renaître nos villages qui se meurent. Dans la Creuse, à Châteaumeillant, groupement de 3 paroisses, composées chacune de 10 clochers, diverses initiatives sont proposées :
Un trimestre dans un village, pendant un trimestre un des prêtres de l’équipe prend plus particulièrement en charge un secteur. Chaque mercredi, jeudi, vendredi des temps de prière sont proposés avec lui et l’un ou l’autre membre de l’équipe d’animation ,dans une Eglise du secteur (un clocher) selon un programme élaboré à l’avance.
Des groupes de prières dans les villages (les clochers) : chapelet, louanges, vêpres, adoration… dans les Eglises ; occasion de sonner les cloches pour signifier le rassemblement (2,3 personnes suffisent pour commencer).
Des groupes de prières dans les familles ou les foyers, n’importe quand dans la journée suivant la disponibilité de chacun : temps de prière suivi d’un repas partagé, chacun apporte sa contribution au repas.
Tous les 3 mois environ, des réunions de prières générales avec tous les groupes des villages, selon diverses formes suivies d’un moment convivial autour d’un apéro, un repas partagé, un pique-nique au cours duquel chacun peut partager son quotidien, ses expériences…

La société attend-t-elle encore quelque chose des chrétiens ?
Au cœur d’un monde peu ou plus catho, nous sommes le « petit troupeau ». Soyons des passionnés !
« Je suis la Lumière du monde » dit Jésus, avec Lui nous sommes la « Lumière du monde » La question importante à se poser « Est-ce que je suis avec le Christ ou hors du Christ ? »
Dieu continue à appeler mais d’une autre manière, comment collaborer ? Croyons que Dieu continue à susciter des attentes dans le cœur de nos contemporains : hommes, femmes, jeunes, adultes. Comment les prendre en compte ?
L’Eglise se doit d’accueillir tout homme, croyant, non croyant, mal croyants. Chaque lieu, chaque situation sociale est appelée à être évangélisée, laisser l’Esprit parler en nous. Joignons les gestes à la parole, soyons cohérents
Vivre et regarder l’autre avec Miséricorde. Aimer l’autre comme Dieu l’aime, l’écouter comme Dieu l’écoute.
Notre monde est triste, soyons semeurs de joie. Cf Le pape François qui donne l’humour comme un signe de sainteté. JOIE, HUMOUR, ESPERANCE le monde en a besoin.

Sœur Anne Marie Mabon, à Segonzac

Evêques : apôtres ou gérants de faillite
Avec Mgr Xavier MALLE, Mgr Hervé GOSSELIN, Natalia TROUILLIER, Mgr Jacques BLAQUART


Plénière de clôture du Congrès Mission 2018
Lors du rassemblement final, les diocèses présents ont signé le "manifeste pour la mission"


1 réaction


4 octobre 2018 20:33, par Loubersac

Pourquoi l’information n’a-t-elle pas été diffusée dans les paroisses ? nous aurions pu prier pour ceux qui y assistaient et être en communion avec eux durant ces 3 jours. Encore une fois, les infos circulent mal entre l’Église et le peuple. On pourrait croire que ce peuple n’est pas partie prenante de l’Église.

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