Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Samedi 29 juin 2019 : 13ème dimanche TO - C

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"Toi, pars, et annonce le Règne de Dieu."


Avec la fin de l’année scolaire, le temps est plutôt aux vacances et la météo à la farniente en restant à l’ombre avec quelques boissons rafraîchissantes. On aspire à baisser un peu le rythme, on regarde du côté du programme des vacances, on cherche un peu de repos… Et voilà que la Parole de Dieu vient nous secouer pour nous mettre en marche et nous sortir de notre léthargie latente. Avec ce paradoxe que vous aurez peut-être relevé dans l’évangile : il est question de suivre Jésus, de mettre nos pas dans les siens : « Je te suivrais où tu iras », dit l’un, « suis-moi », dit l’autre. Mais les disciples, qui suivent déjà Jésus, sont envoyés « en avant de lui » dans les villages de Samaritains pour préparer sa venue. Alors, faut-il suivre Jésus, ou le précéder ? Que veut dire ce paradoxe ? Quelle est notre place, derrière, ou devant lui ? Evidemment, il nous faudra tenir les deux. Et méditant cette page, nous pensons à la dynamique chrétienne que le pape appelle de ses vœux, nous invitant à de venir des « disciples - missionnaires ». Il se trouve que le thème de la mission sera au centre de notre année pastorale l’an prochain, les conseils épiscopal, pastoral diocésain et presbytéral s’étant penchés sur cette question. Regardons alors de plus près de quoi il en retourne.
Dans l’évangile, il y a problème pour suivre Jésus. Entre ceux que Jésus appelle et qui ont d’autres choses à faire avant, ceux qui voudraient suivre et que Jésus renvoie chez eux, et ceux avec qui Jésus prend soin de vérifier qu’ils sont conscients de l’engagement.
La suite de Jésus n’est pas de tout repos. Il n’y a « nul part où reposer la tête ». Il ne faut pas s’attendre à ce que devenir disciple soit synonyme d’un bon spa ou d’un apéro au bord de l’eau un soir d’été. La suite de Jésus est non seulement une marche, mais une marche qui n’évitera pas la croix. Il y aura la fatigue des jours, les contrariétés, les violences même, parfois, les échecs, souvent. Le baptême ne « protège pas » du mal, du mensonge, des malheurs, de la maladie et que sais-je encore, comme on l’entend parfois. La suite de Jésus n’est pas une protection ou un truc pour « être bien », mais un engagement de vie, de toute l’existence, qui prend et saisi toute – absolument toute – notre existence dans l’amour de Dieu.
On comprend également que la suite de Jésus n’est pas pour demain. Il y a urgence de l’ « aujourd’hui » de Dieu. Dieu te donne rendez-vous aujourd’hui, ici et maintenant, et à chaque instant. Ne regarde pas en arrière. Ne prend pas pour modèle le passé. L’amoureux cours au devant de lui, pas à reculons ! Etre disciple, ou devenir disciple, c’est aller de l’avant.
On comprend enfin que la suite du Christ est une question de vie. « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. » Ne sois pas tourné vers ce qui meurt ou ne peux que mourir. Notre Dieu est le Dieu des vivants. Notre Dieu est le Dieu de résurrection. Notre Dieu est le Dieu Créateur qui ne cesse de susciter et de réveiller la vie dans le cœurs de l’Homme et dans toute la création. Le suivre, se mettre à son école, c’est devenir les témoins et les annonceurs de cette merveille. C’est ouvrir les yeux – les nôtres et ceux de qui nous rencontrons – pour voir et nous réjouir de cette vie. Quand tous les regards se tournent vers la mort, les malheurs, les violences, le disciples ne veut pas cacher ces événements, mais il devient prophète pour en annoncer le caractère éphémère et tourner les yeux vers la vie plus forte que la mort, et la présence, déjà, du règne de Dieu.
Pour annoncer. Voilà qu’apparaît la dimension missionnaire. Aller au-devant de Jésus pour préparer sa venue. Elle est bien difficile et inconfortable, cette mission. On préfère rester dans nos cercles et nos réunions entre habitués, plutôt que de proposer une présence chrétienne et un regard de vie dans le monde du travail, de la justice, de la politique, des médias, de l’école, de nos familles, ou même dans nos cercles d’amis. « On refusa de le recevoir », dit-on dans l’évangile. L’accueil est plus que réservé. Il y a pourtant de l’audace et du courage, à aller de l’avant, à prendre le risque. On pourrait imaginer que Dieu soit un peu plus coopératif avec nous ! Après tout, c’est aussi pour Lui que nous essayons ! Mais on peut se faire rejeter, réduire au silence, pourquoi pas moquer. Jacques et Jean proposent une solution : « qu’un feu tombe du ciel et les détruise », tous ceux qui ne veulent pas accueillir le Christ. Parole de condamnation, de désespérance. Et on a vite fait d’avoir la même réaction parfois ! Mais une solution contraire au cœur de Dieu et au cœur des véritables disciples.
La réponse, c’est peut-être Saint Paul qui nous la donne. « Frères, c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors ne vous mettez pas de nouveau sur le joug de l’esclavage. Vous avez été appelés à la liberté. Mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Marchez sous la conduite de l’Esprit. Laissez-vous conduire par l’Esprit. » Saint Paul ne connaît pas l’expression « disciple - missionnaire » du pape François, mais il nous rappelle à sa façon qu’il y a un tiret entre disciple et missionnaire. Le disciple-missionnaire est celui qui se laisse habiter par l’Esprit et, vivant de cet Esprit, avec le Christ, se met à aimer le monde inconditionnellement. Il n’est pas un prosélyte qui annonce une parole extérieure à lui-même. Il est par sa vie un témoin vivant et joyeux de cet amour de Dieu pour tous, parce qu’il est libre d’une liberté qui le libère de tous les esclavages, de tout ce qui l’empêche d’aimer vraiment. Il est l’Evangile inculturé dans une histoire personnelle, originale, et toujours en déploiement. La mission se dessine et elle est là : vivre réellement dans cette Liberté offerte par le Christ.
Voilà qui peut rassurer notre inquiétude du début. Il ne s’agit pas de se mettre à faire de grands plans pastoraux ou de grandes opérations d’Eglise. La fin de l’année scolaire nous amène progressivement vers un temps d’été au rythme différent. Et nous pourrons continuer, là encore, même en repos et au frais, à devenir des disciples qui reçoivent la Parole de Vie et l’Esprit de Liberté, et qui en vivent avec tous ceux que nous croiserons. Et d’être témoins, avec eux, que le Royaume de Dieu est bien déjà-là, et de nous en réjouir !
Amen.

P. Benoît Lecomte

Premier livre des Rois 19,16b.19-21.


En ces jours-là, le Seigneur avait dit au prophète Élie : « Tu consacreras Élisée, fils de Shafath, comme prophète pour te succéder. » Élie s’en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafath, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau. Alors Élisée quitta ses bœufs, courut derrière Élie, et lui dit : « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai. » Élie répondit : « Va-t’en, retourne là-bas ! Je n’ai rien fait. » Alors Élisée s’en retourna ; mais il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l’attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d’Élie et se mit à son service.

Psaume 16(15),1.2a.5.7-8.9-10.2b.11.

Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort. »

Je bénis le Seigneur qui me conseille :
même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Je n’ai pas d’autre bonheur que toi.
Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 5,1.13-18.

Frères, c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres. Je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit Saint, et vous ne risquerez pas de satisfaire les convoitises de la chair. Car les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit, et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez. Mais si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la Loi.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,51-62.

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem. Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village.
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »
Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

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