Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
https://angouleme.catholique.fr/Samedi-4-et-dimanche-5-janvier-2020-Solennite-de-l-Epiphanie
          Samedi 4 et dimanche 5 janvier 2020 : Solennité de l’Epiphanie

Samedi 4 et dimanche 5 janvier 2020 : Solennité de l’Epiphanie

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • réagir
  • 0 vote

Les yeux fixés sur l’étoile, prenons la route à dos de nos chameaux pour découvrir la richesse et la profondeur des désirs qui nous habitent, pour les réaliser dans le quotidien de notre voyage, pour marcher ensemble vers Celui qui est l’Epiphanie, la « manifestation » de l’Amour de Dieu pour tous les hommes.


- Où partons-nous ? demanda le chameau.
- Je ne sais pas encore, répondit le mage en terminant d’accrocher les bagages à la selle. Tu vois cette étoile brillante là-haut dans le ciel ? Quelque chose me dit qu’il faut la suivre. Ce ne sont ni mes calculs, ni mes connaissances qui m’indiquent cela, mais mon intuition, mon cœur. Oui, mon cœur.
- Je ne suis qu’un chameau, et tu veux que je suive une étoile ? L’alcool ne t’aurait-il pas fait tourner la tête ? s’étonna l’animal.
- Ne sois pas plus bête que tu ne l’es ! Partons, avant que l’étoile ne file.
C’est ainsi que le premier mage parti, à l’aventure, avec sa monture dodelinante.
A son grand étonnement, il croisa en chemin un autre mage, venu d’un peu plus loin et parti depuis un peu plus longtemps, puis un autre : eux aussi avaient cette vu cette étoile. Eux aussi avaient fait des pages et des pages de calculs, avaient lu et relu des livres sans bien comprendre le sens de ce qui se jouait. Eux aussi avaient pressenti qu’il se passait quelque chose ailleurs… peut-être au bout du monde, peut-être au fond d’eux-mêmes. Eux aussi avaient pris la route avec leurs chameaux et quelques cadeaux à partager, au cas-où.
La route était longue. Semée d’embûches. L’étoile disparaissait parfois, puis réapparaissait. Les cartes n’étaient pas toujours justes. Le GPS perdait le réseau et mettait du temps à recalculer le trajet. Mais ils n’étaient pas mécontents de se retrouver à plusieurs et d’avoir choisi leurs chameaux comme moyen de transport : les trains ne roulaient pas bien depuis quelques débuts de mouvements sociaux, les autoroutes bouchonnaient aux abords des grandes villes. Finalement, le rythme dodelinant de leurs montures leur donnait l’occasion de prendre le temps d’échanger tout en étant sûrs d’avancer. Les discussions, voire les débats parfois allaient bon train et les enrichissaient mutuellement.
Au fur et à mesure de leur avancée, leur cœur se remplissait de paix. Il leur était difficile de savoir d’où venait ce sentiment : il dépassait de loin ce que toutes leurs sciences réunies pouvaient expliquer. La nuit tombée, autour du feu, ils reprenaient inlassablement leurs livres pour chercher, et chercher encore.
Ils avaient compris, petit à petit, que leur recherche était plus profonde que ce qu’ils pensaient au départ. La hauteur et la luminosité de l’étoile qu’ils suivaient, disait quelque chose de la profondeur et de la puissance de leur désir. Au-delà de toute science, de tout savoir, de toutes les théories, ce que ces hommes venus de loin cherchaient, tenait en quelques mots, qu’ils avaient trouvé dans un psaume de la Torah : « faire droit aux malheureux, voir fleurir la justice, une grande paix jusqu’à la fin des lunes, faire que le pauvre qui appelle soit délivré, avoir souci du faible. » Voilà l’appel qu’ils avaient entendu et auquel ils voulaient répondre en ayant pris la route. Étonnamment, ils se rendaient aussi compte que ce désir partagé, prenait réalité au fil des jours de marche : dans leur façon de s’écouter, de se laisser accueillir par les habitants des villages, par les multiples rencontres, par l’attention aux plus fragiles sur les bords du chemin. Leur attitude de mages et de savants ne leur donnait pas de posture de supériorité. Au contraire, ils étaient devenus des étrangers et des migrants, des voyageurs obligés de se mettre à l’écoute de ceux qu’ils rencontraient. Covoiturage avant l’heure, riche des mille rencontres de la route, de ces rencontres qui nous font entrer progressivement dans l’histoire d’un peuple, qui nous font entrer en solidarité les uns avec les autres, d’où que nous venons. Tissage et métissage d’une seule et grande famille humaine. « Le mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse », dira plus tard Saint Paul dans une lettre que les mages n’auront pas l’occasion de lire. Et ils marchèrent ainsi, jusqu’au but de leur aventure : un enfant. Un petit enfant, dans une mangeoire, que leurs recherches avaient décrit comme « le roi des Juifs », mais que leur cœur avait adopté comme leur roi à eux aussi. A eux, aucun rite juif n’était imposé. Ils arrivaient simplement avec ce qu’ils étaient et c’est avec leurs propres richesses qu’ils purent rendre gloire à celui qu’il cherchait, Dieu, à travers cet enfant, le vrai et le seul Roi ! Les mages réalisaient ainsi, étonnamment, la prophétie d’Isaïe : par eux, toutes les nations venaient se prosterner et rendre gloire à Celui que l’on reconnaîtra désormais comme le visage de l’Amour du Père, comme Celui qui, par sa faiblesse, sa fragilité, sa pauvreté, son humanité, sa miséricorde, sa parole de paix, sa présence et son amour pour chacun, réalise totalement les désirs qui habitaient le cœur de ces mages.
Ces désirs qui sont les nôtres aussi, aujourd’hui. Désirs de paix, de bonheur, de sérénité, de justice, de partage, de simplicité, de collaboration, de souci du pauvre et du malheureux, à notre échelle et aux dimensions universelles. Ce sont nos désirs et nos vœux, pour cette nouvelle année. Vœux non pas échangés machinalement, mais du fond de notre cœur, comme un acte d’amour pour ceux qui les reçoivent.
Peut-être sommes-nous comme ces mages au début de leur aventure, sans savoir vraiment ce que cette année sera. Elle est déjà marquée par tant d’incertitudes sociales, sociétales, ecclésiales…Mais les yeux fixés sur l’étoile, prenons la route à dos de nos chameaux nous aussi, même si nos montures ne vont pas très vite et sont un peu inconfortables (mais vous avez remarqué qu’il n’est jamais question de chameau dans la page d’Evangile). Pour découvrir la richesse et la profondeur des désirs qui nous habitent, pour les réaliser dans le quotidien de notre voyage au fil de nos rencontres et dans nos engagements, pour marcher ensemble, avec tout ce qui nous lie, nous rassemble et nous différencie, vers Celui qui est l’Epiphanie, la « manifestation » de l’Amour de Dieu pour tous les hommes.
Bonne année, bon voyage, bonne route !
Amen

P. Benoît Lecomte

Livre d’Isaïe 60,1-6.

Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparaît. Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations. En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur.

Psaume 72(71),1-2.7-8.10-11.12-13.

Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux !

En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !

Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents.
Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
Tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les pays le serviront.

Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3,2-3a.5-6.

Frères, vous avez appris, je pense, en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous : par révélation, il m’a fait connaître le mystère. Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant à ses saints Apôtres et aux prophètes, dans l’Esprit.
Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2,1-12.

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : ‘Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël.’  »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroisse.macampagne chez dio16.fr
Accueil à la paroisse les mardis et vendredis de 16h30 à 18h30

Contact

adresse Paroisse Saint Jean-Baptiste
28 rue Pierre Aumaître
16000 Angoulême
+336 09 78 55 52
paroisse.saintjeanbaptiste chez dio16.fr
Accueil à la paroisse les mardis de 10h à 12h



-