Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Samedi 9 juin 2018 : 10ème dimanche du TO B

Samedi 9 juin 2018 : 10ème dimanche du TO B



C’est nous, Église, hommes et femmes dans nos relations les uns avec les autres, qui devenons Sa manifestation au cœur du monde, son image, nous qui le rendons visible.


C’est une banalité que de dire que nous sommes dans une société de l’image, qu’une photo vaut mieux qu’un long discours – et même qu’un discours court. Plus de 75 % des communications se font aujourd’hui par la vidéo, des vidéos qui doivent accrocher le regard dans les 15 premières secondes pour espérer être regardées un peu plus longtemps. Monde d’images, monde saturé d’images – et d’images souvent saturées elles-mêmes.
Il est vrai aussi que la vie spirituelle nous encourage à la contemplation. A ouvrir les yeux, à méditer à partir de ce que nous voyons. On connaît l’importance du regard dans l’Evangile : regard de Jésus sur ses contemporains, regard de la foule sur Jésus, regard des disciples, regard des romains, regards de jugement ou de tendresse, d’invitation et de conversion.
Voir. Voir Dieu. Voir l’Homme. Voir pour croire… ou croire sans voir…
Alors notre lecture s’arrête sur ces mots de l’apôtre Paul : « Notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel. » Voir ce qui ne se voit pas. Aller au-delà du visible. Contempler non pour photographier une image dans la tête ou dans le cœur, mais pour aller au cœur du Mystère. Regarder non pour embrasser d’un regard, mais pour s’engager dans une aventure et accueillir ce qui nous est donné.
Dans la Genèse, Dieu lui-même a perdu Adam du regard. Il est sorti de son champ de vision : « Où es-tu donc ? » A moins que ce soit l’homme qui, d’abord, était sorti du regard de Dieu. Et Dieu, qui voit le cœur de l’homme, dépasse le visible pour renouer le dialogue. Il va chercher l’Adam dans sa faute et son péché, et la femme, et l’humanité, et toi et moi. Et nous relever, nous redonner une chance, mieux, nous redonner vie. Redonner place dans le regard et dans les yeux de Dieu, dans les yeux du Père qui aime infiniment ses enfants. Des parents ne voient-ils pas leurs enfants au-delà des erreurs qu’ils peuvent commettre, continuant toujours d’espérer et de faire grandir en leur ouvrant les horizons de vie ?
Notre regard ne s’arrête pas à l’homme extérieur qui peut aller vers sa ruine, pour paraphraser Saint Paul. Il contemple aussi l’homme intérieur qui se renouvelle de jour en jour, par la grâce de Dieu.
Cette grâce, invisible elle aussi, qui a pourtant ressuscité Jésus d’entre les morts et qui nous ressuscitera nous aussi – et déjà aujourd’hui -, nous plaçant avec Lui et tous ensemble dans cette grande communion, ce Shalom attendu. Grâce invisible et pourtant bien réelle, dont l’action est parfois discrète et parfois éclatante, visible – si notre regard veut bien aller au-delà du visible.
Comme cette nouvelle création divine, qui fait de nous des frères et des sœurs. Mots peut-être trop faciles et trop utilisés jusqu’à être usés. Mais la réalité est là, que Jésus fait éclater aux yeux de tous – et d’abord de sa propre famille – dans l’Evangile. « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » Création nouvelle d’une humanité désormais unie – et unie à jamais car des frères et des sœurs restent toujours frères et sœurs même dans une famille désunie, les liens du sang restent les liens du sang. Et le Royaume devient indivisible, malgré les tentatives du Diviseur. Notre regard va-t-il jusque là, jusque dans les entrailles de nos liens fraternels mystérieusement reçus au jour de notre naissance et révélés au jour de notre baptême, ce baptême au cours duquel le plongeon dans l’eau donnait à voir bien davantage qu’un plongeon dans l’eau, vision au-delà du visible, vision de la vie éternelle déjà présente au milieu de nous, en nous et entre nous ?
Expérience sans cesse renouvelée dans la communion eucharistique, quand nos yeux ne voient que du pain et que notre regard contemple la présence du Christ ressuscité. Impossible à expliquer, le Mystère ne se laissant pas être saisi d’un revers de mots. Mais nous, au-delà du visible, de recevoir l’éternel et de nous laisser saisir par Lui pour devenir Sa présence en notre monde.
C’est alors nous, Eglise, hommes et femmes dans nos relations les uns avec les autres, qui devenons Sa manifestation au cœur du monde, son image, nous qui le rendons visible. Mystérieuse mission qui nous dépasse encore et que nous acceptons dans la grâce de l’Esprit, dans la confiance abandonnée. Devenir signature du Christ au cœur du monde, pour que le monde croit. Non pas d’abord au Christ, mais croit, déjà, qu’il n’est pas abandonné au milieu de l’avalanche permanente des images éphémères et provisoires… et, déjà, voir l’invisible éternel toujours présent.
Que l’Esprit nous accompagne pour toujours voir au-delà du visible la manifestation du Royaume de Dieu, pour y croire et pour en témoigner, et pour donner à voir à l’homme d’aujourd’hui la grâce qu’il reçoit de Celui qui l’aime inconditionnellement.
Amen.

P. Benoît Lecomte

Livre de la Genèse 3,9-15.

Quand Adam eut mangé du fruit de l’arbre, le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu donc ? » L’homme répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. » Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. »
Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. »

Psaume 130(129),1-2.3-4.5-6ab.7bc-8.

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.

J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.

Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,13-18.5,1.

L’Écriture dit : ‘J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé.’ Et nous aussi, qui avons le même esprit de foi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons. Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous. Et tout cela, c’est pour vous, afin que la grâce, plus largement répandue dans un plus grand nombre, fasse abonder l’action de grâce pour la gloire de Dieu. C’est pourquoi nous ne perdons pas courage, et même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car notre détresse du moment présent est légère par rapport au poids vraiment incomparable de gloire éternelle qu’elle produit pour nous. Et notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel. Nous le savons, en effet, même si notre corps, cette tente qui est notre demeure sur la terre, est détruit, nous avons un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux qui n’est pas l’œuvre des hommes.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,20-35.

En ce temps-là, Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. »
Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir. Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison. Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. » Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. »
Alors arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. » Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

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