Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Conférence : L’Écologie Divine, par Stanislas de Larminat

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Retrouvez la conférence qu’a donné Stanislas de Larminat à Angoulême le 9 juin 2020.


Après plusieurs années d’engagement dans la réflexion écologique, Stanislas de Larminat est en pèlerinage à la fois pour traverser les 15 provinces épiscopales de France et les principaux centres d’apparition mariale.
Il était de passage à Angoulême le mardi 9 juin et proposait une conférence sur l’écologie à la maison diocésaine.

Qu’est-ce que l’Écologie intégrale ?
Laudato si insiste sur le concept d’écologie intégrale. Sommes-nous capables de le définir ? Il ne s’agit pas d’une nouvelle discipline de la science écologique. N’est-ce pas nécessaire de bien redéfinir le sens des mots utilisés ?

Quelle planète laissera-t-on aux générations futures ?
Au plan purement scientifique, la maison commune n’est pas dans la situation désespérée décrite par les experts et les médias. Les risques environnementaux sont-ils avérés ?
Certes, de multiples pollutions locales créent des nuisances, en particulier sur les populations les plus pauvres : Bophal en Inde, les poussières fines à Pékin ou à New Delhi, les plastiques dans les rivières d’Afrique et d’Asie qui alimentent 80 % des plastiques dans les océans, les conditions d’extraction du Coltan au Congo, et tant d’autres…
Mais la planète est résiliente, même pour faire face à l’addition de milliers de pollutions locales. Ce sont les populations qui sont victimes de ces pollutions et non la planète elle-même. Les conséquences humaines justifient donc de s’employer à réduire ces pollutions locales, en particulier en favorisant le développement économique des plus pauvres ; l’expérience montre en effet que les pays les plus développés sont les plus « propres ».
Quant aux pollutions planétaires, et en particulier celles qui porteraient atteinte au climat, des centaines de publications scientifiques disent chaque année qu’il faut chercher les explications du côté de l’activité solaire. Même les fameuses « neuf limites planétaires » retenues par l’ONU sont reconnues par leurs auteurs-mêmes comme manquant de fondements scientifiques. L’Église peut-elle se permettre de fermer les yeux sur ces informations ?
En matière scientifique, en particulier, se référer au consensus est-il suffisant ? Le consensus scientifique n’est qu’un argument d’autorité, qui n’apporte pas de surplus d’autorité aux arguments souvent suggérés par les medias. Certes, l’écologie intégrale ne se limite pas à une approche environnementale. Mais, faute de ces débats contradictoires entre chrétiens à forte sensibilité écologique, le risque n’existe-t-il pas de voir se développer une forme de promiscuité intellectuelle dans l’Église sur ces sujets, avec le risque de multiplier les clivages entre chrétiens ?

Quelle jeunesse laissera-t-on aux générations futures ?
Influencée par les medias et par les programmes scolaires, notre jeunesse n’est-elle pas dans un état d’instrumentalisation avancée. La jeune Greta semble bien être manipulée par le milliardaire Ingmar Rentzhog, et le ministère de l’éducation appelle faire à élire 250.000 « éco-délégués » dans les lycées et collèges, etc…
Il faut entendre certains jeunes parler de la situation de leur génération enfermée dans un état de panique avancée. Toute prise de recul devient impossible pour eux. Dans le meilleur des cas, ils ne veulent plus entendre parler d’un sujet qui les étouffe, et dans le pire des cas, ils sont dans un état de désespérance les amenant à refuser d’avoir des enfants. Quelle espérance propose l’Église à cette jeunesse ?

Malgré tout, des laïcs chrétiens forcent l’admiration
Lors de l’assemblée générale des évêques de France à Lourdes, les 5 et 6 novembre 2019, chaque diocèse a été invité à être accompagné de deux personnalités engagées dans la réflexion écologique. Tout, dans les témoignages exprimés, force l’admiration : l’amour qu’ils portent aux fidèles qu’ils sensibilisent à l’écologie intégrale, leur solidarité avec les victimes de tornades causées, leur dit-on, par les pays riches, leur souci de laisser aux générations futures une terre viable, leur conviction que la frugalité peut rendre heureux si elle est vécue comme une ‘vertu’ et non comme une ‘frugalité par précaution’.
La question qui mérite légitimement d’être posée relève des motivations profondes qui les animent.
Les conversions radicales, dont les intervenants à Lourdes ont témoigné, trouvent leur source en Dieu qui les habite profondément, renforçant ainsi notre capacité à écouter le cri des plus pauvres. Les conversions qu’ils proposent ne sont pas de simples postures pour faire face à des réalités décrites comme catastrophiques. En effet, ils ont conscience que la crise contemporaine, qualifiée de crise écologique, est une opportunité pour changer de vie. Mais la crise n’est-elle pas plus anthropologique qu’environnementale ?
Mon pèlerinage, ne sera pas solitaire si ces laïcs se sentent interpellés par ces questions et acceptent de se mettre en route, ne serait-ce qu’une journée, pour réfléchir et prier ensemble.

L’appel des évêques de France à Lourdes
Dans un tel contexte, l’Église va-t-elle se contenter d’accorder des « labels paroisses vertes » avec force éco-diagnostics sur l’isolation des bâtiments, la fourniture de repas solidaires issus de l’agriculture biologique ou la réduction de l’empreinte écologique ? L’Église va-t-elle prendre le relais des medias en répétant inlassablement les mêmes thématiques que celles du consensus mondial ?
Les erreurs de pastorales familiales, après l’encyclique Humanae-Vitae, pourtant prophétique, ont contribué à vider les églises. Une pastorale explicative de Laudato si, trop focalisée sur les consensus environnementaux, les rempliront-elles ? Les fidèles ont soif d’autre chose et de discours radicalement différents.
Les organisateurs de l’Assemblée Générale des Évêques à Lourdes souhaitaient qu’elle se laisse bousculer par les divers témoignages. Si elle n’est pas capable de recourir à une pluralité d’expertise et de regard, l’Église pourra-t-elle « se laisser surprendre » comme Mgr de Moulins-Beaufort le souhaitait dans son allocution d’introduction ?
L’Église ne trouverait-elle pas une joie profonde à entrer dans un raisonnement en termes de tension entre des éléments qui paraissent opposés ? Joie que cette tension ne soit pas distordue par le retrait de certains ressorts de la pensée qui dérangent ? Joie de retrouver le sens de la disputatio qui a totalement disparu de nos structures d’Église ? Joie d’« aller à la rencontre de l’autre, dans les périphéries, qui sont des lieux, mais …surtout des personnes » (Pape François 4 oct. 2013) ? L’Église craint-elle les dissidents écologistes, y compris chrétiens, délaissés à ses portes, tels des parias risquant d’être contagieux ? N’ont-ils rien à dire du Christ ? Joie de faire l’expérience que « la réalité se comprend mieux à partir des périphéries qu’à partir du centre » (21 novembre 2015) ?

En savoir plus

www.les2ailes.com

Stanislas de Larminat a publié :
Les contrevérités de l’écologisme, préfacé par Jean-Marc Nesme (Salvator, 2011, 400 pages). " A la recherche des fondements éthiques de l’écologisme actuel, Stanislas de Larminat dénonce les tentations qui tirent l’écologie vers une culture de mort. Il démonte la logique commune aux principales idéologies écologistes : celle de ladite cause humaine du réchauffement climatique, la peur des OGM, celle d’une prétendue impossibilité de nourrir la planète et, enfin, l’idéologie de la croissance zéro. Ce livre ne tombe pas, pour autant, dans l’écueil du pessimisme et propose une véritable alternative : l’ " écologie de l’homme " et l’ " écologie sociale ". Il trace aussi des pistes concrètes qui invitent à retrouver le sens de l’humain ".

L’écologie chrétienne n’est pas ce que vous croyez, préfacé par Mgr. André Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, (Salvator, 2014, 400 pages). " L’écologie de l’homme trouve sa source dans la Genèse : la nature est faite pour l’homme. Mais prenons garde à ne pas rêver d’un paradis perdu (Jean-Paul II), car une écologie intégrale va plus loin : l’homme est fait pour Dieu. Cette Terre Nouvelle que nous attendons, nous y sommes plongés depuis Pâques. Nos visions écologiques ne peuvent faire l’économie d’un regard vers cet ordonnancement plus que parfait qu’est le dessein divin ultime pour nous. Nos cités actuelles permettent d’établir des liens de fraternité, de solidarité et d’universalité et réalisent aujourd’hui, la Cité Sainte (Épiscopat latino-américain) "

Climat - Et si la vérité (nous) rendait libre, préfacé par S.E. le Cardinal George Pell, préfet du Secrétariat pour l’Économie du Saint-Siège (TerraMare, 2016, 153 pages). " Les origines de la relative " période chaude " que l’on connaît depuis plusieurs décennies opposent les tenants des thèses géocentriques (cause humaine) et héliocentriques (cause solaire). L’ouvrage de Stanislas de Larminat diffuse un modèle de dialogue tel qu’il pourrait, ou devrait, toujours exister dans l’Église sur une question scientifique majeure. Il conclut avec une clé de lecture christologique à la suite de la publication en 2015 de l’encyclique Laudato si qui appelle à un " débat honnête et transparent pour que les besoins particuliers ou les idéologies n’affectent pas le Bien Commun ". Loin de toute vision idéologique et consensuelle, l’auteur s’affranchit du politiquement correct pour placer cette réflexion essentielle dans la lumière de la vérité ."

- STANISLAS DE LARMINAT, INVITÉ COMME GRAND TÉMOIN SUR RADIO NOTRE DAME, LE 7 NOVEMBRE 2017

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